Webzine Outdoor

EXALTEZ-VOUS DANS LA PASSION DU SPORT OUTDOOR

UTMJ 2025 : la tempête, la boue et les sourires – quand le Jura se déchaîne

L’édition 2025 de l’Ultra Trail des Montagnes du Jura a marqué les corps et les esprits. Pluie, vent, froid et grésil ont bousculé l’organisation et les coureurs, transformant l’épreuve en un défi d’endurance et d’humilité. Pourtant, entre les bourrasques et la boue, la magie du Jura a encore opéré.

Des conditions dantesques

Cette sixième édition restera gravée comme l’une des plus rudes de l’histoire de l’UTMJ.
Les conditions météo ont rapidement tourné à l’épreuve de force : pluie battante, vent violent, froid saisissant et grésil sur les hauteurs.
Face à ces éléments, les organisateurs ont dû prendre la décision difficile d’arrêter certaines courses, notamment la Franco-Suisse (105 km) et la Renarde (75 km), pour garantir la sécurité des participants.

Mais, fidèle à son esprit montagnard, le Jura n’a pas éteint la flamme des coureurs.
Ceux qui ont franchi la ligne d’arrivée, souvent couverts de boue mais le sourire aux lèvres, sont devenus les symboles d’une édition hors norme.
Et malgré tout, le record de participation a été battu : près de 9 000 partants sur environ 10 000 inscrits.
Une prouesse qui témoigne de la force d’attraction de cet événement, désormais incontournable dans le calendrier trail français.

Témoignage : le récit intégral d’un finisher de la Franco-Suisse 🇫🇷🇨🇭

“Il fallait jouer le 17 au loto 
Bilan :
🏃🏻‍♂️104km
↗️ 4000m D+
⏱️ 17h17’
🗒️ 286/1659 partants (classement provisoire suite aux abandons, aux arrêts imposés et aux pénalités appliquées)
Vous savez tout mais allez, je vous raconte cette édition dantesque ! ”

Le départ est donné à 5h, je pars prudemment mais j’essaye de m’imposer un petit rythme car la route est longue, mais le sub 18h est dans la tête quand même.
Je respecte à la lettre ce que je me suis fixé niveau alimentation & hydratation, je marche les bosses, je cours et trottine le reste, les kilomètres défilent ainsi de ravito en ravito.

Les paysages sont vraiment beaux (non je ne suis pas chauvin, c’est vrai ), la météo nous laisse encore tranquille et j’arrive tranquillement au ravito du km60 où je retrouve une tête connue : Carole, qui est gentiment venue me faire un coucou, ça fait du bien. 

Je repars en sachant pertinemment ce qui nous attend, mes sensations physiques sont bonnes, tous les voyants sont au vert, mais le ciel commence à passer au gris foncé. 
On arrive en sous-bois et les rafales de vent se lèvent, la pluie s’invite sérieusement à la fête comme prévu. On est plusieurs à marquer un stop pour enfiler la veste imperméable puis on repart direction le ravito prochain.

Après une petite heure à trotter sous la flotte, on arrive à Grange Raguin (km 68) où je vais retrouver ma famille, quel bonheur  je suis trempé mais heureux de les voir sous une pluie battante les pauvres 
Ravito express, le temps de faire le plein d’énergie et de good vibes, changement de veste : je troque le coupe-vent trempé contre la vraie veste de pluie. 

On se dit à dans 2h-2h30 environ car je pars à l’assaut du Mont d’Or, où les conditions climatiques vont se gâter sérieusement. Je grimpe, je dois faire partie des rares sans bâton mais c’est mon choix.
J’avance au milieu des rafales de vent, de la pluie transformée en grésil et du brouillard qui nous accueille au somme. 
Je n’ai pas chaud mais j’avance sans réfléchir jusqu’à basculer dans la descente vers la base de vie de Jougne.
Sur le trajet, je retrouve mon ami Jomand Baptiste (DNS) mais qui a voulu venir faire un bout de chemin avec moi — trop sympa, merci l’ami

Me voilà maintenant à Jougne km78 trempé, où la famille m’attend, ça fait vraiment plaisir de les voir, on rentre au chaud dans une salle, le monde wow 😱😍
Je m’installe, me change intégralement et me ravitaille bien, riz bolognaise et bouillon idéal pour prendre des forces pour aller maintenant affronter le Suchet.
Certains optent déjà pour prendre des pénalités et rentrer directement à Métabief (à 3km de là).
Moi je repars déterminé à faire la boucle Suisse de 25km et Baptiste aussi 💪🏻

La pente est raide puis se calme un peu par la suite, le temps n’a pas bien changé, on rallume la frontale et on reçoit un appel de Carole qui nous annonce que la course est arrêtée pour des raisons de sécurité et que nous ne pourrons pas passer au sommet du Suchet ni des Aiguilles de Baulmes. Beaucoup de coureurs sont forcés d’abandonner là où ils se trouvent avant la base de vie de Jougne notamment.
J’apprendrai d’ailleurs bien avant que mon poto David a dû rendre son dossard pour hypothermie à Grange Raguin, je suis déçu pour lui.

De notre côté on bifurquera directement au ravito sous le Suchet de Grange Neuve pour retrouver le parcours initial en descente, glissant, humide, boueux sur plusieurs km pour retrouver Jougne de nouveau.
Pas d’arrêt, on file vers l’arrivée maintenant, il reste 3 km avec 2 petites bosses encore puis une descente glissante pour arriver en mode free style et passer la finish line où Carole et Dav nous attendent. 

Une édition 2k25 apocalyptique, dommage de ne pas être allé au sommet mais c’est comme le Ventoux, le Suchet est indomptable et dangereux quand il s’agite.
Apparemment les conditions étaient terribles là-haut, alors respectons la décision de course pour la sécurité de tous. 
Si j’avais une remarque, c’est que l’organisation aurait dû prendre la décision à J-2, on connaissait tous la météo, ça aurait évité l’angoisse pour certains, du stress et des décisions dans l’urgence, mais bravo car ce n’est jamais simple à prendre. 

Personnellement j’ai vécu une belle course, difficile certes de par les conditions, mais avec de bonnes sensations tout le long, c’est cool et avec une grande détermination. 
MERCI à tous pour vos messages, aux bénévoles, à Carole Outdoor and News pour l’hospitalité, bravo aux finishers et pour les autres ça fera l’occasion de revenir car elle est vraiment à cocher celle-ci. 
ALL Jura Trail | Lons Athlé 39 | Taktik Sports

Retour

Cette édition 2025 de l’UTMJ aura été une véritable leçon de courage et d’adaptation.
Quand la pluie s’abat, quand le vent mord et que la montagne rugit, seuls les cœurs passionnés continuent d’avancer.
C’est cette force intérieure, cette solidarité spontanée, cette capacité à sourire dans l’adversité qui font de l’UTMJ une course unique.

Au-delà des classements et des chronos, il restera le souvenir d’une aventure collective, d’une humanité partagée au cœur du Jura.
Car ici, chaque goutte de pluie raconte une histoire, et chaque pas laisse une trace — dans la boue, mais surtout dans les mémoires.

Outdoor and News sur le terrain

Présent au cœur de l’action, Outdoor and News a suivi cette édition hors norme aux côtés de Greg, capturant l’intensité, les visages et les émotions d’un week-end hors du commun.
Un grand merci également à Taktik Sports Chronométrage, partenaire essentiel pour le suivi des coureurs et la fiabilité des temps, même dans ces conditions extrêmes.

Parce que raconter l’UTMJ, c’est avant tout partager l’esprit de la montagne, la passion du sport et le courage de ceux qui n’abandonnent jamais.

Rédaction : Carole PIPOLO et Greg CHAMBERLAND

Photos : Carole, Greg et @UTMJ 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *