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Pierra Menta 2026 : un duel au sommet pour une 40ᵉ édition d’exception

Quarante ans déjà.
Quarante ans que la Pierra Menta fait vibrer le massif du Beaufortain, transformant chaque mois de mars en une célébration brute de l’effort, du collectif et de la haute montagne.

Depuis 1986, à Arêches-Beaufort, la course s’est imposée comme une référence mondiale du ski-alpinisme. Une épreuve par équipes de deux, sur quatre jours, où l’endurance flirte avec l’engagement pur.

Ici, rien n’est laissé au hasard :
dénivelés vertigineux, arêtes aériennes, descentes techniques…
et surtout cette ferveur unique, portée par des milliers de spectateurs accrochés à la montagne.

Une 40ᵉ édition à la hauteur du mythe

Dès les premières étapes, le ton est donné. Les visages sont concentrés, les écarts resserrés, et la moindre erreur se paie immédiatement. La Pierra Menta ne laisse aucune place à l’approximation : gestion de l’effort, précision en descente, lucidité dans les transitions, cohésion de cordée… tout compte, à chaque instant.

Très vite, les organismes sont mis à l’épreuve. Les longues ascensions imposent un rythme constant, les descentes demandent de l’engagement, et les passages techniques obligent à rester pleinement présent. Ici, on ne subit pas seulement la pente, on doit aussi composer avec elle.

Chez les hommes, un duel s’installe rapidement entre deux équipes françaises : William Bon Mardion – Xavier Gachet, tenants du titre, face à Samuel Équy – Anselme Damevin, bien décidés à renverser la hiérarchie. Deux styles, deux approches, mais une même intensité. Étape après étape, la course se transforme en bras de fer. Les écarts se creusent, se réduisent, oscillent au fil des montées et des descentes. La tension monte, jour après jour, alimentée par chaque relance, chaque prise de risque, chaque moment de faiblesse ou de lucidité.

Chez les femmes, la hiérarchie se dessine plus progressivement, mais avec tout autant de maîtrise. Emily Harrop et Margot Ravinel montent en puissance, construisant leur course avec intelligence et régularité. Face à elles, les grandes favorites Axelle Gachet-Mollaret et Célia Périllat-Pessey tentent de répondre, mais le duo Harrop – Ravinel impose peu à peu son rythme. Une synchronisation parfaite, une gestion maîtrisée de l’effort, et une capacité à rester solides dans les moments clés leur permettent de prendre l’ascendant.

Au fil des jours, la course se densifie. Les corps fatiguent, les écarts se figent ou basculent, mais l’intensité, elle, ne faiblit jamais.

Le duel

Très vite, une tension s’installe. Devant, deux équipes. Deux façons de courir. Deux lectures de la montagne.

Bon Mardion – Gachet : expérience, maîtrise, gestion. Une capacité à encaisser, à temporiser, à choisir le bon moment.
Équy – Damevin : offensive, engagement, prise de risque. Une volonté d’imposer le rythme, de faire basculer la course.

Pendant quatre jours, ils vont se répondre. Sans un mot. Juste à travers l’effort.

Un écart qui se creuse, puis qui fond, puis qui revient.

Chez les hommes, le duel s’installe rapidement entre William Bon Mardion – Xavier Gachet, solides et expérimentés, et Samuel Équy – Anselme Damevin, offensifs et déterminés. Chaque montée devient une bataille. Chaque descente, un pari.

La course devient un fil tendu, où tout peut basculer. Dans les transitions, dans les trajectoires, dans la gestion de l’énergie. Et très vite, une évidence : rien ne sera joué avant le dernier sommet.

Elles, en maîtrise

Chez les femmes, la dynamique se construit autrement. Pas moins intense, mais différente.

Emily Harrop et Margot Ravinel prennent progressivement l’ascendant, sans éclat inutile ni précipitation. Elles avancent sans bruit, sans s’affoler, sans se disperser. Là où d’autres attaquent, elles construisent.

Une étape après l’autre. Un effort après l’autre.

Moins dans l’explosion que dans la maîtrise, elles imposent leur tempo. Une allure régulière, précise, presque implacable. Elles ne gagnent pas seulement du temps, elles installent une dynamique, une confiance, une forme de contrôle sur la course.

Dans les montées, elles restent solides. Dans les descentes, elles sont propres et efficaces. Dans les transitions, tout est fluide.

Et au fil des jours, l’écart se creuse.

Ce n’est pas une prise de pouvoir brutale, mais une montée en puissance. Une manière d’être dans la course, une manière d’être ensemble.

 

Le jour où la montagne décide

Quatrième jour. La neige s’installe, le ciel se ferme, la lumière devient plus dure, presque métallique. Les reliefs se redessinent, les repères se troublent. Et pourtant, ils sont là, des milliers, accrochés aux pentes, sur les crêtes, dans le vent. Le Beaufortain vibre, porté par une énergie brute.

Dès le départ, le rythme s’emballe.

Chez les hommes, Équy et Damevin attaquent, fort, très fort. Ils imposent leur tempo, reviennent, recollent. L’écart s’efface, la tension monte. Bon Mardion et Gachet tiennent. Ils s’accrochent, résistent, ne cèdent rien malgré la pression constante, jusqu’au bout. Pendant quelques instants, tout semble pouvoir basculer. La Pierra est prête à changer de mains.

Chez les femmes, le scénario est différent, mais l’intensité est bien là. Harrop et Ravinel restent fidèles à leur ligne. Pas d’affolement, pas de rupture. Elles avancent avec maîtrise, concentrées, parfaitement synchronisées. Là où la course pourrait se tendre, elles conservent leur rythme, solides, régulières.

Mais la montagne ne donne jamais tout.

Dans les descentes, il faut oser. Dans la montée finale, il faut tenir.

  • 10h24’28 et 38 secondes d’écart chez les hommes.
  • 12h15’15 et 7’47’’ d’avance chez les femmes.

Deux courses. Deux dynamiques.
Un même verdict.

Les chiffres… et ce qu’ils ne disent pas

Hommes
🥇 Bon Mardion – Gachet 🇫🇷10h24’28
🥈 Équy – Damevin 🇫🇷+38 secondes
🥉 Magnini – Boffelli 🇮🇹+16’53

Femmes
🥇 Harrop – Ravinel 🇫🇷12h15’15
🥈 Gachet-Mollaret – Périllat-Pessey 🇫🇷+7’47
🥉 De Silvestro – Moreschini 🇮🇹+33’58

Il y a les classements, les écarts, les chronos. Ces repères précis, presque froids, qui structurent la course et permettent de la lire. Ils racontent une hiérarchie, une performance, un résultat.

Mais ils ne disent pas tout.

Ils ne disent pas la longueur des efforts, les jambes qui brûlent dans la pente, les respirations qui se raccourcissent à mesure que l’altitude s’impose. Ils ne disent pas les choix, parfois invisibles, faits dans une trace ou dans une trajectoire. Ils ne disent pas les hésitations, les moments de lucidité, ou au contraire ces instants où il faut continuer sans vraiment savoir si le corps suivra.

Ils ne disent pas non plus la relation entre les deux athlètes, ce lien discret mais essentiel qui se construit au fil des heures, dans les regards, dans les silences, dans les mots échangés au bon moment.

Car la Pierra Menta ne se résume pas à un classement. Elle se vit dans cet espace entre deux respirations, dans cette zone où la performance devient intime, où l’effort prend une dimension presque intérieure.

Et c’est peut-être là, justement, que se joue l’essentiel.

Une course, un monde

Cette année, la Pierra Menta dépasse encore le simple cadre de la compétition en s’inscrivant au sommet du ski-alpinisme international, en tant que support du Championnat du monde longue distance et étape de Coupe du monde. Sur le papier, l’enjeu est immense. Les meilleurs athlètes de la discipline sont là, les titres se jouent, les regards sont tournés vers le Beaufortain.

Et pourtant, une fois en altitude, sur les crêtes, ces distinctions semblent presque s’effacer.

Ce qui prend le dessus, ce n’est plus le prestige, ni même le classement. C’est autre chose. Plus brut. Plus essentiel.

Tenir la trace.
Rester ensemble.
Continuer à avancer, malgré la fatigue, malgré les conditions, malgré le doute parfois.

Car la montagne impose sa propre réalité. Elle ramène tout à l’essentiel, à l’instant présent, à ce lien entre deux athlètes qui progressent côte à côte, dans le même effort.

La dimension mondiale existe, bien sûr. Elle donne du relief, elle donne du sens à la performance. Mais elle se fond dans une expérience bien plus intime, presque silencieuse, où l’on ne court plus seulement pour un titre, mais pour aller au bout. Ensemble.

Le Grand Mont

Impossible d’évoquer la Pierra Menta sans parler du Grand Mont. C’est un passage à part, presque un lieu à lui seul dans la course. Il y a du bruit, une foule dense, une énergie brute qui monte de la vallée. Les spectateurs sont là, serrés, proches, porteurs d’une ferveur unique qui enveloppe les athlètes.

Et pourtant, au cœur de cette intensité, un autre espace s’ouvre. Plus intérieur. Plus silencieux.

Un espace fait de concentration, de lucidité, parfois de doute.

L’arête est fine, exposée, exigeante. Le vide n’est jamais loin. Chaque pas est posé avec précision, chaque geste est mesuré. Le corps avance, mais l’esprit prend toute la place. Ici, il ne s’agit plus seulement de pousser sur les jambes, mais de rester présent, totalement.

Le souffle se fait plus court. Les regards se fixent. Le monde autour devient flou.

L’erreur n’a pas sa place.

C’est souvent là que la course bascule. Pas uniquement dans les écarts chronométriques, mais dans quelque chose de plus profond. Une capacité à rester engagé, à ne pas céder, à continuer malgré la tension.

Car au Grand Mont, la Pierra ne se joue pas seulement dans les jambes.
Elle se joue aussi, et peut-être surtout, dans la tête.

Ceux qu’on ne voit pas

Derrière les athlètes et les performances, il y a une autre réalité, plus discrète mais essentielle, sans laquelle rien ne serait possible. Des bénévoles, présents dès l’aube, parfois bien avant le lever du jour, souvent dans le froid, parfois dans des conditions exigeantes, qui montent, installent, sécurisent et restent là, en altitude, tout au long de la journée. Des équipes techniques qui balisent les parcours, anticipent les risques, ajustent en permanence en fonction de la météo et du terrain. Une organisation qui veille dans l’ombre, qui coordonne, qui accompagne, pour que chaque étape puisse se dérouler en toute sécurité, malgré la complexité de la montagne.

Et puis il y a ce public, fidèle, engagé, presque indissociable de la course. Des spectateurs qui montent tôt, qui attendent longtemps, qui s’installent sur les pentes, sur les crêtes, parfois dans le vent ou sous la neige, pour voir passer les athlètes quelques secondes seulement. Ils encouragent, ils portent, ils donnent de la voix, ils créent une énergie unique.

Une présence constante, presque silencieuse par moments, mais toujours essentielle, qui donne à la Pierra Menta cette dimension profondément humaine, où la performance ne se vit jamais seule, mais toujours entourée, partagée, amplifiée.

Ce qu’il reste

À l’arrivée, il y a les bras levés, les chronos arrêtés, les classements figés. Mais ce qui marque le plus, ce sont les regards, fatigués, émus, habités, souvent silencieux, comme chargés de tout ce qui vient d’être traversé. Des regards qui racontent bien plus que les chiffres, bien plus que la place obtenue. Quatre jours viennent de s’écouler, intenses, denses, parfois rudes, où chaque effort s’est accumulé sans jamais vraiment disparaître. Et pourtant, ce qui reste ne se résume pas à une image précise ni à un moment isolé.

C’est une sensation diffuse, mais profondément ancrée, quelque chose de difficile à formuler mais évident à ressentir : celle d’avoir vécu quelque chose de vrai, d’avoir été confronté à la montagne sans filtre, d’avoir avancé dans la pente, ensemble, porté par l’autre autant que par soi-même. Ce sont aussi les silences partagés, les gestes répétés, les regards échangés dans l’effort, cette forme de présence totale, rare, où tout se recentre sur l’essentiel : être là, pleinement, dans l’effort, dans la trace, dans la montagne, et comprendre, peut-être, que c’est précisément là que tout prend sens.

La PIERRA continue

Quarante ans après, la Pierra Menta est toujours là, brute, exigeante, vivante. Elle ne change pas vraiment, elle s’approfondit. Au fil des éditions, elle ne s’adoucit pas, elle se creuse, elle révèle davantage. Elle rappelle, encore et toujours, ce qu’est la montagne quand on l’affronte vraiment : un espace de vérité, sans détour, sans compromis. Chaque année, elle murmure la même chose : la montagne ne triche pas, l’effort ne ment pas, et avancer, ensemble, reste ce qu’il y a de plus fort.

Mais derrière cette évidence, il y a aussi tout ce qui rend cette aventure possible. Une organisation engagée, des équipes techniques mobilisées, des bénévoles présents dès l’aube, souvent dans le froid, parfois dans des conditions exigeantes. Des femmes et des hommes qui œuvrent dans l’ombre pour que, là-haut, tout soit possible. Il y a aussi un territoire, le Beaufortain, qui accueille, qui soutient, qui partage, une montagne vivante qui devient, le temps de quelques jours, le cœur battant du ski-alpinisme. Il y a les athlètes, venus du monde entier, qui donnent tout, qui s’engagent, qui doutent, qui résistent, et qui avancent, surtout. Et puis il y a ce public, fidèle, passionné, parfois silencieux, parfois bruyant, mais toujours présent, accroché aux pentes, aux crêtes, dans le vent ou sous la neige, portant la course autant qu’il la regarde.

Au bout de ces quatre jours, il reste plus qu’un classement. Il reste une trace, une émotion, un lien, quelque chose qui dépasse la performance. Quarante ans après sa création, la Pierra Menta continue d’écrire son histoire, pas à pas, trace après trace, dans la neige du Beaufortain et dans le cœur de celles et ceux qui la vivent.

Rédaction et photos : Carole PIPOLO et Claire CHAMOT

Dans l’ombre de la course, il y a aussi celles et ceux qui racontent, qui valorisent et qui font rayonner l’événement bien au-delà des crêtes. Un mot particulier pour RevolutionR, agence de communication de la Pierra Menta, qui accompagne et met en lumière cette épreuve avec justesse et sensibilité. À travers les images, les contenus et les récits diffusés, ils participent pleinement à faire vivre l’événement, à transmettre son intensité, son authenticité et son âme, bien au-delà du terrain.

Pour retrouver l’ensemble des résultats détaillés, les classements complets et les temps de chaque étape, rendez-vous sur le site officiel de la Pierra Menta : www.pierramenta.com

Une manière de prolonger l’expérience et de replonger dans toute l’intensité de cette 40ᵉ édition.

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