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L’Aventure en mode Gravel avec Cédric Therin

Les amateurs de portraits originaux seront ravis de découvrir l’aventure en mode Gravel avec Cédric Therin. Pour Outdoor and News, Karl a interviewé cet aventurier polyvalent, passionné de photographie et fervent défenseur de sa Corse natale.

Aventurier, photographe, artiste, ancien traileur et maintenant tu te lances dans le Gravel, à quoi carbures-tu ?

Je carbure à la sensation parce que quand j’étais photographe auteur je faisais de l’exposition. J’ai mis en pause l’aventure quelques temps, mais il me manquait toujours cette adrénaline, il me manquait l’aventure qui me faisait aller au-delà de mes performances, le fait de découvrir des sensations nouvelles, d’aller voir au-delà de son corps et de le mettre complètement à bout.

Se dépasser, surpasser c’est ça qui me qui me fait avancer, car pendant 5 ans j’avais complètement arrêté les aventures, j’étais à fond dans mes expos, dans mon travail artistique, j’ai fait des supers expos, j’ai une belle reconnaissance, mais le soir quand je m’endormais il me manquait quelque chose.

Je m’endormais et je rêvais que j’étais au Tor des Géants, je rêvais que j’étais dans les montagnes. J’ai donc décidé d’allier ma passion dévorante de l’aventure à celle de la photographie.

Enfant étais-tu plutôt Club Dorothée ou Stade 2 ?

J’étais plutôt sur mon vélo et je partais, je rêvais de faire le tour du monde alors plutôt Stade 2. Quand j’étais petit, c’était mon rêve de faire le tour du monde à vélo, déjà sportif dans l’âme ou plutôt aventurier dirais-je.

J’ai fait du trail et ultra, mais le trail ce n’est pas mon sport, mon sport c’est le vélo. Un jour, je voulais reprendre le sport correctement, et ma femme a regardé les prix des vélos, et elle m’a dit « non, non !! on n’achète pas de vélo, c’est trop cher, tu sais, je vais t’acheter une paire de basket et tu vas aller courir dans tes montagnes » Et voilà, c’est comme cela que je me suis mis à courir.

Et puis, je suis parti directement dans l’ultra …  quand ils ont su que je m’inscrivais au Tor des Géants, tout le monde le monde rigolait parce que je n’avais jamais dépassé les 80 km, mais c’est ça qui est génial, c’est cela mon carburant : l’aventure. Puis à l’époque, quand j’ai fait le Tor et d’autres ultras, ce n’était pas du tout commercial, c’était l’esprit montagne, une réelle communion avec l’environnement, et çà c’était incroyable !

As-tu un programme hebdomadaire d'entrainement ?

J’essaie de me servir de tous les programmes qu’on m’avait fait pour mes ultras, des conseils des grands champions que j’ai eu la chance de connaître et qui m’ont aidé. Comme pour moi c’était le retour dans le sport, j’ai fait une préparation hivernale plutôt basé sur le renforcement musculaire, avec en plus de la proprioception car en vélo c’est super important, et surtout beaucoup de dénivelé par rapport à mes futures courses dans lesquelles je me suis engagé.

D'où t'es venue l'idée de ton aventure Gravel sur ton île natale ?

Je suis complètement convaincu que le Gravel est un sport d’avenir, et comme je pouvais plus trop courir à cause de mes problèmes de dos … puis bon j’ai bientôt 50 ans, et le fait d’enchaîner pas mal d’ultra en montagne n’ont pas aidé mes articulations, j’ai donc cherché un sport où je pouvais partir à l’aventure comme je voulais et puis j’ai découvert le Gravel.

Le Gravel c’est vraiment, pour moi synonymes de liberté et d’’aventure, tu peux faire ce que tu veux, tu es sur la route et hop tu passes dans les chemins, puis tu peux aller en montagne sans réfléchir. Une liberté totale, avec surtout moins de risques et de traumatisme au niveau des articulations, comme c’est un sport porté du moment que ton vélo est bien réglé c’est moins traumatisant et tu peux enchaîner les kilomètres. Quand je fais 10h de vélo, voire plus, le lendemain quand je me réveille, certes j’ai mal au cul mais pas aux articulations comme un ultra en montagne … et je le redis, le kiffe total, c’est l’esprit de liberté je peux partir à l’aventure quand je veux. Attention, ce n’est pas prétentieux, mais en vélo de route (sur la route donc…) je m’ennuie un peu, moi ce que j’aime c’est d’aller dans les chemins, sur les crêtes, de gravir des cols de montagnes.

Donc naturellement, dans ma prépa, je fais du gros volume kilométrique et j’essaie de mettre beaucoup de dénivelé par rapport aux épreuves prévues. Proche de chez moi, il y a le col de Battaglia, d’une distance d’environ 11 km avec une pente moyenne entre 9 et 15%, que j’enchaîne 2 / 3 fois de suite. Mes formats de course, sont des formats longs, donc le but n’est pas de savoir aller vite mais plutôt de savoir enchaîner les cols et d’avoir de l’endurance.

Peux-tu nous en dire un plus sur cette aventure Gravellistique ?

Donc oui, mon projet : Corsica Gravel, au côté de Wish One et Outdoor and News, je pars en mai explorer la Corse et immortaliser ses panoramas dans un livre photos. Mais d’abord, le 4 mai, je me lance sur la SHARDANA Bikeventure en Sardaigne et ses 900km et 15 000m D+. C’est une course aventure, je suis tombé là-dessus et les organisateurs ont été incroyables puis bon la Corse et la Sardaigne sont très proche, la mentalité et les spécialités sont assez similaires.

En Italie, il y a un tel engouement pour le Gravel c’est une vraie passion, ils font des choses incroyables et puis je le répète, les organisateurs sont d’une gentillesse démesurée. Je suis certain, que ça va être une aventure hors norme, il y a des paysages magnifiques, des spécialités à manger et puis tu vas être porté par les gens passionnés

Ensuite le 30 mai, j’enchaîne sur la BikingMan Corsica d’environ 500km. Jusqu’à présent, il y avait uniquement une épreuve sur route, mais Axel Carion et ses équipes ont concocté un parcours en Gravel, je me devais d’y être pour cette première sur mon île. En plus, j’aurais le plaisir de présenter ma machine de guerre qui m’accompagnera sur mon projet, un modèle de chez Wish One Cycle spécialement conçu pour l’aventure, qui portera le nom de Corsica Gravel (marque déposée). Je suis trop fier de ce partenariat, j’aurais le Gravel numéro un de la série, donc ça me tient à cœur de bien figurer sur cette BikingMan Corsica.

La marque française Wish One Cycle va t’accompagner, qui sont-ils ?

Wish One Cycle c’est 2 passionnés de sport qui se sont associés pour créer une marque de vélo, l’un faisait du vélo/VTT et l’autre est un ancien footballeur. Ils font donc tous les 2 du vélo et ce sont vraiment des passionnés, c’est plus qu’une team, c’est une famille et moi c’est ce que je voulais. Je n’ai pas de prétention, je ne suis pas un athlète pro, je fais des belles aventures et je voulais vraiment retrouver un esprit d’équipe et familiale.

Ils font des très bons vélos composés de cadres en carbone avec un process bien à eux, ce n’est pas pour les défendre mais moi j’ai testé d’autres vélos et cela sont vraiment très confortable et puis c’est français.

Ils ont une équipe professionnelle présente sur les Championnats du Monde Route UCI et autres courses « rapides ». Ils ont fait appel à moi pour développer plus le côté aventure et apporter cette touche aventurière qui manquait à la marque. Eux ce sont des élites pros, quand tu fais du vélo avec eux c’est des vraies machines, mais ils sont très conciliants, ils ont été très gentils avec moi ils savent que moi c’est plus dans la durée. Une fois, ils m’ont dit, Cédric nous on va vite mais toi ce tu es capable de pédaler pendant plus de 10 h pendant 4 jours tous les jours, nous on est incapable de faire cela.

Ce sont vraiment des gens passionnés, et je veux vraiment faire tout mon possible, pour les porter haut en couleur dans mes aventures, quand je leur ai parlé de mon projet Corsica Gravel, ils m’ont dit : « tu sais quoi, on va faire une machine spéciale pour toi le Corsica Gravel, tu auras le numéro un et ça sera ta machine ton Gravel à tes couleurs », il sera ensuite en vente sur demande.

Une vraie une belle surprise, car en plus ils m’ont laissé choisir mes couleurs alors j’ai pu laisser parler mon petit côté artistique.

Tu es plutôt Figatellu ou Fiadone ?

Je suis plutôt Figatellu, car sur les ravitos je suis surtout salé …du fromage, du saucisson, je suis montagnard donc je ne suis pas trop sucré. Et puis, je vais apporter du Figatellu avec moi sur mes aventures. Désolé pour les produits commerciaux, mais moi c’est à l’ancienne, puis en fin de compte quand tu as un truc qui marche tu ne changes pas ton alimentation. De toute façon l’homme est fait pour manger des produits naturels comme le Figatellu et pas des trucs en poudre.

Si tu devais choisir entre toutes tes passions, que choisis tu ?

Sans hésitation le vélo, parce que ça coïncide complètement avec mon tour du monde que je rêvais de faire quand j’étais petit. Quand j’étais gamin, le seul moyen de déplacement que j’avais c’était un vélo, pas de moto, pas de Google, …  J’étais tout le temps sur mon vélo

Quels sont tes prochains défis ?

Donc, je fais la course en Sardaigne fin mai, puis la BikingMan, tout en réalisant, en Gravel, mon livre photo sur la Corse, l’objectif est de mettre en avant la Corse profonde, les traditions, les chemins et les magnifiques paysages, l’esprit Corse à travers un beau livre photo. Pour l’édition de mon livre Axel Carion*, va me donner un coup de main pour trouver un éditeur et c’est cool.

Puis le 6 septembre, je vais faire la Alps Divide Ultra, on part de Menton et on arrive à Genève à travers les montagnes, c’est 1050 km avec 32 000 m de dénivelé positif ça va piquer un peu. En octobre, je suis invité sur une course en Italie par des passionnées de Gravel, donc un bon programme pour cette année

Ensuite l’année prochaine, je vais partir sur des grandes courses en Grèce, dans les Balkans je vais essayer de faire toutes des grandes courses de plus de 1000 km. Le problème, c’est qu’une fois que tu y a goûté, ben tu ne peux plus t’en passer, c’est comme les trails et ultratrails, j’ai fait 5 Tor des Géants et autres ultras, pendant 7 ans je faisais de l’équipe Grivel … ces derniers temps le soir quand je m’endormais, je ne pensais qu’à ça, je me voyais encore sur les montagnes, dans les refuges, dans mes aventures de liberté, c’est une drogue mais une bonne drogue.

* : Axel Carion : Le Monde à vélo - Voyages extraordinaires en bikepacking. Casa éditions

Comment vois-tu l'avenir du Gravel en France ?

Franchement, j’en ai parlé un peu avec mes partenaires et surtout avec Wish One Cycle, nous sommes tous d’accord pour dire que cela va (re)devenir à la mode, car que les sportifs et sportives qui font du trail et qui se lancent sur des ultras, ils n’ont pas forcément la préparation spécifique et selon moi au niveau articulaire çà va coincer à un moment donné. Je pense, qu’au niveau du corps, les ultratrails laissent des grosses séquelles et donc les gens vont aller de plus en plus vers le Gravel, car il y a cette liberté comme en trail, de sortir rapidement de la route, d’être en montagne.

Quand tu vois l’essor aux États-Unis, je suis persuadé que le Gravel va se développer énormément en France. En plus dans le Gravel, tu as deux mondes qui se côtoie, il y a les formats UCI (Championnats du Monde Route), plutôt des 140kms, des courses rapides avec des élites très costauds, puis tu as le grand format : le Bikepacking, mon domaine donc la liberté, c’est vraiment la définition du Gravel, en vélo de route tu ne peux aller sur les chemins à ta guise.

Ta citation préférée ?

Je vais faire un clin d’œil à mon coach montagne, on va dire entre guillemets ce que c’est un vieux de la vieille et surtout c’est un grand monsieur de la montagne Corse : Jean-Pierre Costa. Il m’a appris beaucoup appris dans la montagne, et il m’a toujours dit : « entraînement difficile guerre facile », Jean Pierre c’est un monstre en montagne, il ne lâche rien, c’est grand un malade. Souvent, je fais des montées / descentes de cols vers chez moi, et les gens, qui me croisent ont du mal à comprendre, donc voilà entraînement difficile guerre facile en hommage à Jean-Pierre Costa.

Le mot de la fin qui te définit le plus

Extrême

Zoom sur la marque française Wish One Cycles

Maxime Poisson et François-Xavier Blanc, tous deux originaires de l’Aveyron et amis de longue date, ont fondé la marque Wish One en 2018 avec pour objectif d’encourager la pratique quotidienne du vélo.

Passionnés de sport, François-Xavier a pratiqué le vélo et le VTT à haut niveau pendant une vingtaine d’années, tandis que Maxime a été footballeur professionnel pendant 15 ans. Après s’être perdus de vue pendant 20 ans, ils se sont retrouvés et ont découvert l’engouement croissant pour le Gravel aux États-Unis, ce qui a inspiré la création de leur projet Wish One (une contraction de leurs noms de famille en anglais, White et Fish).

Leur aventure a commencé non pas avec un vélo Gravel, mais avec un vélo de critérium à pignon fixe. Rapidement, ils ont lancé leur premier modèle en carbone, le SUB. Les deux amis ont travaillé pendant deux ans sur le développement de ce vélo, en optimisant la fabrication pour offrir des prix compétitifs par rapport aux tarifs asiatiques, et ont développé la technologie Carbon Link.

La technologie Carbon Link leur permet de concevoir des cadres sans interruption de fibres longues dans sa construction. Cette technologie, unique dans l’industrie, garantie une répartition homogène des forces sans aucune zone de faiblesse. En conséquence, le vélo réagit en un seul bloc. Le rider peut ressentir les bénéfices en termes de réactions immédiates à toute sollicitation et de maniabilité intuitive. Les deux principaux avantages de ce procédé sont l’optimisation du poids en éliminant tout excès de matériau et la réduction des opérations de finition une fois le cadre démoulé.

Tous les cadres sont conçus dans leur atelier en France, la Manufacture Occitane du Cycle, où Wish One développe ses propres technologies et produit ses propres solutions en carbone. Tout est réalisé en interne.

Leur objectif est de favoriser le développement de la pratique cycliste sous toutes ses formes et de créer l’inspiration pour les générations futures de se déplacer à vélo au quotidien… c’est leur objectif ultime : le WISH ONE (leur souhait numéro 1)

L’Humain est avant tout leur philosophie, celle-ci est fondée sur 4 piliers :

  1. Créer des vélos en ayant un impact minimal sur l’environnement
  2. Designer et organiser des événements pour inspirer la pratique du vélo
  3. Prêcher la bonne parole en supportant des athlètes dans leurs aventures
  4. Toujours raisonner local en premier

 

Sources : https://francebikepacking.com et https://wishonecycles.com

Si vous aimez le Gravel, l’aventure et les belles photos,  suivez-nous sur les réseaux sociaux, car Outdoor and News sera aux cotés de Cédric lors de son projet Corsica Gravel

ITW et rédaction : Carlos

Crédit Photos : Cédric Therin / Site Wish One

https://www.youtube.com/@CorsicaGravel
https://www.instagram.com/corsica_gravel

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