Cédric Goléa, bon pied, bon oeil !

Interview Cédric Goléa

Pour Outdoor and News, Greg est parti à la rencontre de Cédric Goléa. Interview d’un champion de trail et d’ultra autant passionné qu’attachant.

Qui es-tu en 2 mots et que fais-tu dans la vie ?

Moi en quelques mots ? J’ai 40 ans. Je suis marié avec Aude depuis 13 ans, père de 3 enfants (11 ans, 9 ans et 5 ans). Je suis podologue, spécialisé en podologie du sport et en posturologie. Nous venons de changer récemment pas mal de choses dans notre vie, puisque nous avons quitté le Sud-Est pour déménager à Gap (dans les Hautes Alpes) fin août de cette année. Ce qui a signifié vente de mon cabinet et de la maison pour repartir à zéro !

Comment arrives-tu à gérer l’équilibre vie familiale, professionnelle et sportive ?

La gestion de l’équilibre familial, professionnel et sportif est quelque chose de complexe. Je dirai que ça nécessite une adaptation quasi permanente ! Mais je m’en accommode et j’en ai l’habitude maintenant. Déjà, ça passe par des entraînements à des horaires décalés. Réveil quotidien à 5 h 30 pour caser un entraînement avant d’aller au travail, entraînement le soir une fois que les enfants sont couchés. Le week-end, je fais un peu plus long. Mais hormis sur des périodes de « blocs » d’entraînement avant un ultra, je privilégie plutôt la répétition de séances courtes pour ne pas m’absenter trop longtemps de la maison.

Peux-tu nous parler de ton parcours où tu comptes parmi les meilleurs aujourd’hui ?

Au début, j’ai commencé à participer à pas mal de courses locales (sur le circuit du challenge des trails de Provence). La progression a été assez rapide, et très vite, j’ai été attiré par des formats longs.

Moins d’un an après mon 1er dossard, je participe au 80 du Mont Blanc : 1er ultra, 1e course en montagne. Je m’y suis présenté sans aucun repère. Et ça a été une journée magique. Le départ dans Chamonix à la frontale, le lever du jour avec le Mont Blanc en fond, des paysages grandioses, retrouver ma famille sur les ravitos. Et l’arrivée dans Cham…

Au-delà du résultat carrément inattendu (42e), j’ai réalisé que c’était ce genre de courses que je voulais faire désormais. Depuis, j’ai participé à pas mal d’ultras avec des résultats en constante progression et les 1ers podiums.

Quel format préfères-tu ?

Les ultras sont depuis 3 ans les formats que j’affectionne : passer de longues heures en montagne, courir la nuit, gérer son effort, son alimentation. J’aime la préparation en amont, où tu as beau essayer d’anticiper au maximum tous ces détails, il y a toujours des imprévus en ultra ! C’est une aventure à chaque fois ! Bref je dirais qu’à partir de 100 bornes, tu rentres dans la zone d’incertitudes, et ça, c’est ce qui me plaît.

Quel est ton meilleur souvenir en course ? Ton pire ?

Si je ne dois en retenir qu’un, c’est l’UTMB 2019. Cette course c’est le graal. C’est la course la plus relevée de l’année. Une ambiance incroyable, une organisation irréprochable et une boucle autour du Mont Blanc tellement belle. Ça a été mon 1er (et seul à ce jour) 100 miles. Autant dire qu’au départ, j’étais partagé entre l’excitation et la peur. Mais quand tu traverses Cham au départ au milieu de la foule, tu te sens porté.

La course s’est passée formidablement bien jusqu’à la Fouly. Des sensations incroyables, jouissives. Puis l’explosion à partir de Champex. Jamais je n’ai été aussi loin dans le dépassement, dans l’acceptation de la douleur. Cramé complet. Mal partout. Jusqu’à Vallorcine où là je réalise que sauf incident je vais aller au bout. Et là, la magie de l’ultra, le corps qui se remet en route.

Et l’arrivée dans Chamonix… Ma femme et mes enfants qui m’y attendent. Quelle émotion. Ces minutes sont gravées à jamais. Et encore une fois, un résultat que je n’espérais pas pour une 1e participation. 26 h tout rond, 39e scratch. Et l’envie d’y retourner. En 2021, j’y serai !

Mon pire souvenir ? Je dirais le Trail des Écrins en 2018. Je me suis présenté au départ en étant blessé (entorse). Je n’aurais pas dû prendre le départ, mais je n’aime pas renoncer. J’ai « dégusté » toute la course (57 kil et 3 000 de D+). Aucun plaisir et évidemment un résultat minable.Et je n’ai même pas profité du spot tellement j’étais focus sur ma douleur. Bref j’ai eu tout faux.

Aurais-tu un petit rituel en course ?

Je n’ai pas vraiment de rituel avant une course. Je ne suis pas quelqu’un de superstitieux ou attaché à des détails. La seule chose, c’est que je vérifie je ne sais combien de fois mon sac de course, pour être sûr que je n’ai rien oublié.

Un défaut / une qualité ?

Mon défaut est ma gourmandise (rire). J’aime la bonne bouffe et me faire plaisir. Disons que ma diététique pourrait être bien meilleure… Mais j’ai du mal à être rigoureux sur ce point. Enfin, plutôt de l’être longtemps. Je vais faire attention pendant quelques jours, puis d’un coup gros craquage et je me lâche complet. Et alors, autant te dire qu’après l’arrivée d’un ultra, je fais un gros carnage !

Ma principale qualité c’est ma persévérance. Je ne suis pas intrinsèquement le plus talentueux des coureurs, loin de là. Mais j’arrive à maintenir un effort sur la durée. C’est ce qui fait ma force en course où je grignote des places au fil des kilomètres.

Comment as-tu géré ton sport et ton activité professionnelle pendant le confinement ?

Pendant le 1er confinement, j’ai été contraint de cesser mon activité professionnelle. Mais il a fallu gérer l’école à la maison des 3 enfants. Et d’un point de vue sportif, j’ai essentiellement fait du home trainer et du renforcement musculaire.

Le 2e confinement a été plus simple puisque j’ai pu cette fois travailler. Et les enfants allaient à l’école. Et ça a été très light niveau training puisque ça correspondait à la fin de saison. Disons que j’ai plus soigné la récup que les autres années 😉

As-tu une série et/ou un tube préféré ?

Ma musique préférée : Vangelis, la chanson de départ de l’UTMB. À chaque fois que je l’entends, ça me fout des frissons. Vivement fin août que je l’entende à Chamonix !!!

Rédaction : Greg Chamberland

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