Outdoor and News était présent sur l’UT4M, du 16 au 19 juillet, pour vivre de l’intérieur l’une des épreuves les plus exigeantes du calendrier trail en France : la 180 Xtrem. Au programme : 175 kilomètres, près de 11 000 mètres de dénivelé positif, avec quasiment autant de dénivelé négatif. Une traversée des quatre massifs qui entourent Grenoble.
Pour moi, l’aventure s’est arrêtée après 95 kilomètres, au terme d’une journée et d’une nuit passées sur les sentiers.
L’UT4M a cette particularité de proposer une traversée des quatre massifs grenoblois en une seule course. Vercors, Taillefer, Belledonne et Chartreuse s’enchaînent sur le parcours de la 180 Xtrem. Certains coureurs choisissent également le format Challenge, avec un massif parcouru chaque jour et une quarantaine de kilomètres au programme quotidien.
Pour moi, le départ est donné vendredi à 9 heures, depuis Seyssins, au sud de Grenoble. Le soleil est déjà bien présent et la chaleur s’annonce importante. Dans le sac : le matériel obligatoire et les deux litres d’eau imposés par l’organisation.
La speakerine termine son discours d’avant-course. Chacun se concentre, entre dans sa bulle. Puis, c’est parti.
Une grosse centaine d’accompagnateurs, de proches et de curieux sont présents pour encourager les coureurs sur les premiers mètres.




Le Vercors : chaleur et premiers dénivelés
La première section traverse le Vercors, avec notamment des passages par Saint-Nizier, Lans-en-Vercors et Saint-Paul-de-Varces, avant de rejoindre Saint-Georges-de-Commiers, au kilomètre 43,7.
La chaleur devient rapidement un élément à gérer. Malgré la casquette saharienne et les réserves d’eau, le soleil tape fort. Le terrain est marqué par de nombreux cailloux blancs.
Une première montée permet de passer d’environ 300 à 1 200 mètres d’altitude, avant d’enchaîner avec une deuxième ascension jusqu’à près de 1 800 mètres.
Une fois en altitude, le spectacle est à la hauteur de l’effort. Le panorama s’ouvre largement sur Grenoble. La ville apparaît en contrebas tandis que nous poursuivons notre progression sur les sentiers de montagne.
Mais rapidement, un problème apparaît : l’alimentation ne passe pas.
Manger devient compliqué. Il faut plusieurs minutes pour mâcher et avaler deux Tuc ou un petit morceau de jambon. L’hydratation reste correcte, mais les apports énergétiques sont insuffisants. Les jambes commencent progressivement à manquer de répondant.





Le Taillefer : la nuit tombe
La deuxième partie du parcours se déroule dans le Taillefer, une portion déjà repérée trois semaines auparavant.
Le passage par le lac de Laffrey intervient après une montée de près de 900 mètres de dénivelé positif. C’est ici que la fatigue commence réellement à se faire sentir.
Il faut ensuite rejoindre La Morte. La pause est longue, mais l’appétit ne revient toujours pas.
La course se poursuit finalement de nuit en direction du lac du Poursollet. Le site est magnifique, même dans l’obscurité.
Le ravitaillement constitue également l’un des moments les plus agréables du parcours : guirlandes lumineuses, décoration soignée et bénévoles particulièrement présents auprès des coureurs.
Après une courte remontée vers le chalet de la Barrière, place à une longue descente vers Rioupéroux, première base de vie, située au kilomètre 90,3.
Le parcours fait alors passer les coureurs d’environ 2 000 mètres à 600 mètres d’altitude. Une descente qui sollicite fortement les cuisses après plusieurs heures d’effort.
À Rioupéroux, le ravitaillement est conséquent. Il faut manger, récupérer et tenter de dormir quelques instants, directement sur le bitume : il n’y a plus de lit disponible.
Un massage d’une vingtaine de minutes permet également de relâcher un peu les jambes.
L’envie de manger n’est toujours pas revenue. Mais il faut repartir.

Belledonne : la fin de l'aventure
Le début de la traversée de Belledonne va finalement mettre un terme à l’aventure.
Au programme : un kilomètre vertical pour rejoindre les hauteurs. L’effort est important, mais le lever du jour offre un nouveau spectacle. Après une nuit passée sur les sentiers, la lumière revient progressivement sur les montagnes. Le décor est magnifique.
À l’arrivée au ravitaillement, une autre difficulté attire toutefois mon attention. Une tache floue dans le champ de vision d’un œil me gêne. Je me dirige donc vers les secours pour un simple contrôle.
Le contrôle va finalement durer près de deux heures dans le camion médical. Après un examen complet, une température corporelle en baisse, qui met du temps à remonter à la normale, la décision est prise : la course s’arrête là.
Le compteur affiche environ 95 kilomètres.



Une première en huit ans de trail
L’abandon intervient après une journée et une nuit entières passées sur les sentiers. Une journée durant laquelle je n’aurai jamais véritablement réussi à entrer dans ma course. Les difficultés à m’alimenter, le manque d’énergie et la fatigue auront progressivement pesé sur ma progression.
Il s’agit également de mon premier abandon en huit années de trail et d’ultra-trail. Une déception, forcément, mais aucun regret.
L’UT4M 180 Xtrem est une course particulièrement exigeante, mais aussi une traversée exceptionnelle des massifs grenoblois.
Sur cette première partie de parcours, le balisage s’est montré irréprochable et les ravitaillements étaient bien positionnés.
Un petit bémol toutefois sur la variété des boissons proposées. Une offre de sirops pourrait notamment constituer une alternative intéressante à l’eau et aux autres boissons disponibles.
Malgré cet abandon, l’expérience reste riche : 95 kilomètres parcourus, des paysages exceptionnels, une immersion totale au cœur des massifs grenoblois et une aventure vécue de l’intérieur sur l’un des ultras les plus exigeants du calendrier.
Rédaction et photos : Julien FRENOY
Si cette aventure vous tente, les inscriptions pour l’édition 2027 ouvriront prochainement.
Toutes les informations sont à retrouver sur le site officiel de l’UT4M : ut4m.fr.
