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Nom : CAILHOL
Prénom : Xavier
Profession : moniteur d’escalade
Âge : 24
Un rituel lors de tes sorties : je me donne à fond
Une qualité : acharné 
Un défaut : têtu

“Au sommet du Cervin, il y a un mois, un sommet partagé avec ma chérie et des amis, le bonheur”

Ton meilleur souvenir en aventure ou course ?

En aventure, il y en a des tonnes, mais je retiendrais sûrement cet hiver en plein février au sommet du Mont Blanc, après avoir passé 4 jours dans la face sud dans la voie « divine providence » (une des voies les plus dures du massif du Mont Blanc, (7c en escalade) pas refaite en hiver depuis 2000. Quand tu es là haut, tout seul en plein mois de février, c’est incroyable ! Les 3500 m suivants à descendre à pied, l’étaient moins ! 

 

En course, je dirais l’arrivée de l’ELS 2900 l’an passé, avec Guilhem Costa, on est passé de 5ème à 3ème dans les 15 derniers kilomètres, j’étais au bout du rouleau, mais j’ai tout donné pour garder la place, c’est impressionnant jusqu’où le corps peut aller !

Ton pire cauchemar : il y en a pas mal, et je pense que j’en ai déjà vécu quelques uns, donc espérons qu’ils n’arrivent plus !

Ton rêve d’aventure ? Ou course rêvée ? En essayant de mixer le plus d’activités, j’ai la chance d’avoir pu pratiquer à bon niveau pas mal d’activités, du coup pouvoir tout mêler me plaît énormément.

Cet hiver, on doit faire la traversée des Alpes avec un copain en passant par 10 faces Nord, dans des voies pour certaines quasiment jamais parcourues, en les reliant, en ski, en vélo ou en parapente. C’est l’aventure qui me fait rêver en ce moment. Au printemps prochain ce sera sûrement  une nouvelle …

“La nouvelle decouverte : le parapente”

Depuis quand Sportes tu ? Où ? Et quoi ?
Depuis que je suis tout petit, je suis originaire du Doubs, je faisais du kayak et du vélo l’été, et du ski de fond l’hiver. Ensuite arrivé au lycée, je suis allé en section montagne, au lycée de Moutiers, là j’ai découvert la montagne, l’escalade et la slackline. J’ai fait pas mal de slackline (on courait après les records du monde de highline, c’était 100 m à l’époque), puis vu que je grimpais pas trop mal, j’ai été en équipe de France d’escalade sur glace, ensuite j’ai lâché un peu la compétition et j’ai passer mon DE escalade et je suis revenu travailler en Savoie, à Albertville et Beaufort. Là, j’ai découvert le trail et je me suis mis à courir, 6 mois plus tard je finissais l’ultra tour du Beaufortain, mon premier trail . Ce qui m’a guidé pendant tout ce temps là, c’était la volonté d’aller vers la montagne et l’alpinisme.

Pour moi c’est la consécration car il faut mixer toutes les activités, c’est mon triathlon.

 

“Pendant L’ultra tour du beaufortain, mon premier trail, 8 mois après avoir commencé la course à pied … un souvenir incroyable” Photo : Paul Viard-Gaudin

Qu’est ce qui t’a donné envie de passer de l’autre côté, dans l’organisation ? (Pierra menta)
Pour la Pierra ment’, je suis beaucoup moins impliqué que beaucoup d’autres, j’essaie de donner un coup de main comme je peux quand je suis par là haut, l’ambiance est toujours tellement cool, qu’on retourne aider avec plaisir à chaque fois.

Est ce finalement plus simple plus compliqué ? Faut-il aussi de l’entraînement ?!!
Je dirais ni l’un ni l’autre ! C’est une sacré pression de coordonner des événements pareils, heureusement, les chefs la gèrent bien.

Tu es adepte de défis et d’aventures. Peux tu m’en dire plus ? Lesquels ? Prochainement ?

Comme je te le disais plus haut, l’idée est de pouvoir mêler un maximum d’activités dans un même projet. Et dans les Alpes on a un terrain de jeu fabuleux pour faire cela, on veut essayer de l’exploiter au maximum avec les copains. Cet hiver par exemple, on projette de partir de Slovénie et d’aller jusqu’à Nice. Pour se déplacer, on utilisera, principalement les skis de rando, mais on fera des liaisons aussi en ski de fond et en vélo. Le but au cours de se périple est de relier une dizaine de sommets par des faces très techniques (Cima grande, Piz badile, face Nord de l’Eiger, du Cervin, des grandes Jorasses, face sud du Mont Blanc, face nord de la Meije,…)

En tout on devrait faire 1200 km à ski et pas loin de 40 000 m de dénivelé, auquel on ajoute 8000 m d’escalade, entre Janvier et Mars. Ça va être rock !

Avec tout ce qui se passe en montagne dernièrement, style les restrictions Mont Blanc, etc,  toi tu te positionnes comment et qu’en penses tu ? 

Dur de se positionner face à tout cela, car ça implique énormément de conséquences de chaque côté. Ce qui est sûr, c’est que je trouve ça particulièrement dommage de devoir en arriver à des réglementations pour que les gens fassent attention au milieu. C’est un grand débat que tu ouvres là, sur un modèle qui a commencé à se développer il y a déjà un moment. La montagne aujourd’hui est à l’image de tout le reste, il faut faire ce qui est connu et qui va parler au maximum de monde. Rendement maximum sur les réseaux sociaux au détriment du respect des autres, du milieu et de soi même.
On voit le même soucis en Himalaya avec les expéditions commerciales, c’est la foire au monstre.
Je pense que plutôt que de vouloir réglementer l’accès, il faut revoir la commercialisation que l’on fait de la montagne, et ce que l’on amène aux gens à travers de nos métiers.
Et pour notre pratique perso, il faut être curieux, ça regorge de voies oubliées en montagne juste incroyables, même pour aller au Mont Blanc, alors oui, il faut peut être un peu plus s’entraîner, mais la saveur du sommet ne sera pas la même ! 

Une chose est sûre, si on pouvait enlever tous les hélicos et avions de tourisme, les montagnes des Alpes seraient bien plus agréables ! 

 

“Au sommet du Mont-Blanc”

As tu une devise en montagne ?
J’aime particulièrement à me rappeler que n’importe quel sommet ne vaut pas ma vie, c’est peut être un peu négatif, mais il vaut mieux faire demi tour et se dire, à merde ça aurait pu passer, que l’inverse 

Qu’est ce qui te fais kiffer et vibrer autant ?
Ce qui me fait kiffer, c’est cette liberté, de mouvement, de déplacement, tu fais ce que tu veux, tu cherches, tu te déplaces, c’est animal, on revient à l’instinct de base, à la notion de mouvement à l’état pur. 

Coté Kailas : comment connais tu cette marque ? Pourquoi ? Les points positifs ? Côté collaboration : top ? Enrichissant ? Ton modèle préféré ?
Ils sont très connus sur tous les camps de base en Himalaya, je les connaissais comme cela. Ils font du super matos pour la montagne, vraiment léger, et ça pour faire de la montagne, c’est le feu. Quand on débute en alpi, on a de grosses chaussures, on prend du matos lourd, ça rend l’activité horrible. Être léger, pouvoir se déplacer vite et facilement, c’est un gage de plaisir, mais aussi de sécurité.
Je suis très content de mon partenariat avec Kailas car ils m’offrent du matos très qualitatif.
J’adore leur gamme de produits en cuben (fibre de Dynema) ça donne des produits, comme des sacs, ultra légers et très résistants pour la montagne ! 

Propos recueillis par Carole Pipolo.

“Highline dans le verdon, ma première passion”

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