Sélectionner une page

SAUCONY XODUS ISO3

Une première expérience concluante avec la trail à grosse semelle :

Habituée aux modèles au « ressenti naturel », je me retrouve à troquer ma paire de Dynafit Alpine Pro au drop de 8mm, dotée d’une semelle Vibram, pesant 278gr (pointure 40) contre la Saucony Xodus ISO3, qui elle propose un drop de 4mm, semelle Everun pour un poids de 326gr (pointure 40).

Première mission : rester objective sur les premières sensations parce que concrètement, c’est comme si on me demandait de donner un avis sur un thé vert en particulier alors que je ne bois que du café. D’abord, on s’habitue au thé vert, ensuite, on argumente. Mission accomplie après maintes sorties en compagnie de mes nouvelles copines !

La fiche technique du modèle nous explique ceci :

« Triumph du trail »

Semelle Everun sur toute la longueur du pied

Semelle extérieure PWRTRAC

Crampons de 6mm

Coque de renforcement externe

Système de maintien ISOFIT

Drop 4mm (29/25mm talon / 25mm avant pied)

A utiliser sur toutes les distances, apport de traction nécessaire à la semelle pour emprunter les chemins difficiles, pied maintenu et stable, amorti supérieur.

Franchement, mis à part certains mots orientés pro/tech qui pourraient en désorienter certains, l’essentiel est là. C’est d’ailleurs sans surprise qu’au premier essayage, je me dis : « Effectivement, amorti/confort et sensation de soutien de la cheville sont au rendez-vous. Et d’ailleurs, leurs copains lourdeur et étroitesse sont là eux aussi. »

En d’autres termes, une fois que votre pied est dans la chaussure, ce qui a été laborieux les premières fois, vous sentez un maintien incroyable du pied grâce au chausson. J’ai d’ailleurs commencé par prendre dans une main, une Xodus, dans l’autre, une Speedcross de Salomon pour comparer (je trouve que la Speedcross, pourtant une de mes préférées, est une horreur absolue en matière de maintien de cheville et de chausson, de manière générale). Un 10/10 pour Saucony dont le chausson enveloppe la cheville à 360°. Je n’ai pas tenté de courir sans lacets mais il y a fort à parier que vu le serrage naturel du chausson, ça puisse presque passer. Deuxième point à souligner avant de passer « au terrain » : c’est lourd. On s’y fait, mais ceux qui alternent avec d’autres modèles plus légers vont le sentir, moi, par exemple ! C’est moche de chicaner pour 100gr, me direz-vous, mais quand on se retrouve à hésiter à prendre un buff ou qu’on se force à aller faire pipi sur un trail pour éviter « le poids inutilement transporté », ça fait un peu ch*er d’avoir la sensation de s’être fait greffer des sabots. Cela dit, honnêtement, une fois que vous êtes partis courir avec, le cerveau – ce petit malin- oublie cette histoire de grammes superflus.

Et une fois qu’on a finit de se regarder dans le miroir de la salle de bain pour voir si on a l’air d’avoir des grands pieds dans ses nouvelles baskets ? Du positif et du négatif à dénombrer sur sentier ! On commence par les bonnes nouvelles ? Allez ! Le grand point fort de la XODUS, ses crampons qui vous donnent l’impression d’être rien de moins qu’un chamois. On monte, on descend, rien ne glisse, c’est presque étrange de boucler une sortie sans avoir au moins une fois, vu ma vie défiler devant mes yeux à cause d’un caillou farceur.

Dans la catégorie mi figue/mi raisin, en d’autres terme le j’aime et j’aime pas : la semelle, qui rappelle celles chez Hoka One One. Je l’avoue, de base, je n’aime pas du tout avoir beaucoup d’amorti, je trouve que c’est de la triche. Bon, je ne cours pas non plus en Five Fingers et tant qu’on est dans les confidences, sur bitume j’adore les Asics Gel, qui ne sont pas les dernières en terme d’amorti. Mais pour moi, ce n’est pas naturel de ne rien sentir sous le pied : en trail davantage qu’ailleurs, le cerveau enregistre le terrain via les yeux et anticipe les obstacles à éviter. Vue et toucher ne sont pas désolidarisés, ça communique à l’intérieur, et j’ai été très déstabilisée de m’attendre à écraser une pomme de pin, sentir du gravier ou casser une branche, et qu’en fait… Rien ne se passe. Clairement pour moi, ne courir qu’avec ce genre de chaussures ne fait pas suffisamment travailler le traileur à enregistrer visuellement les obstacles et adapter sa trajectoire de façon systématique et inconsciente. Ca signifie que le jour où on change de style de chaussures, on va se mettre à courir tout droit et écraser tout ce qui passe, et là, on va comprendre qu’en fait : aïe aïe aïe les cailloux ! Ca c’était le côté j’aime pas ! Pour le côté j’aime : l’inverse absolu de ce que je viens de dire ! Parfois, ça fait juste du bien de pouvoir tracer en mode Tank sans devoir danser la lambada pour ne pas pleurer des pieds, et dans une juste mesure, j’aime pouvoir me concentrer sur la vitesse sur des sentiers que je connais histoire de varier.

Dans la catégorie « dommage», on retrouve le revers du fameux chaussant ISOFIT, ce que j’appellerais modestement, le chausson. Il tient au pied et maintient la cheville, c’est vrai, et ça donne une grande sensation de sécurité, très appréciable. Par contre, j’ai le pied fin, je chausse du 39 et pourtant dans un 40… J’ai les orteils tellement compressés que j’en ai des fourmis (tu sais, quand ça circule pas bien). La première fois, je ne sentais plus mon petit orteil droit en rentrant chez moi. Le phénomène s’est adouci à force de les porter, mais il persiste. J’ai été lire des comptes rendus par ci, par là sur internet par des utilisateurs / testeurs et je ne suis apparemment pas la seule à en souffrir (ce n’est donc pas un problème de pied difforme, ouf…). Je conseille donc de vraiment essayer la chaussure et de ne pas hésiter à prendre 2 pointures au-dessus de la vôtre ! 

Histoire de conclure sur une “note positive” – jeu de mot facile, moi ? Jamais! – je donne un 7/10 à ce modèle qui m’a mise en confiance avec l’amorti assumé en trail.

Copyright © 2018 outdoorandnews.com. All Rights Reserved. 

Abonnez-vous à Outdoor And News !

Inscrivez-vous à la newsletter !

You have Successfully Subscribed!