Sélectionner une page

Succès au rendez-vous pour le nouveau format proposé par le Trail du Petit Saint Bernard, des coureurs racontent…

Ce dimanche 7 octobre 2018 se déroulait la 3èmeédition du Trail du Petit Saint Bernard, une course aux adjectifs élogieux (sauvage, technique) dont le nom résonne dans le monde du trail, comme un incontournable, un rendez-vous à prendre, un dossard qui compte dans un palmarès. D’abord concentré sur le format 40km, Laurent Vinner fondateur de TPS et organisateur de la course décide cette année de proposer un 60km qui s’additionne au premier parcours, déjà très exigeant. « A bon entendeur », précise-t-on bien à l’inscription, l’idée n’est pas d’attirer le chaland, mais bien de faire plaisir aux coureurs et amoureux de montagne, qui ont suffisamment de caisse et d’expérience pour justement, en profiter comme il se doit. Loin des grosses machines du paysage trailistique français, l’ambiance est intimiste, rustique, comme un retour aux sources de la discipline. C’est une course de montagne, où l’on vient pour courir et se frotter à des sentiers pas toujours commodes, qui donnent la satisfaction d’avoir été domptés, une fois la ligne d’arrivée franchie, sous le regard paternel et protecteur de Laurent Vinner, qui ne quitte pas l’arche et ne manque pas de féliciter tous les arrivants. Une constante sur leurs visages : un sourire épanoui, non pas d’en finir, mais de l’avoir finie, cette course dont l’exigence n’a d’égal que les paysages grandioses qu’elle offre. « Merci à l’organisation d’avoir tracé un si beau parcours, merci aux bénévoles, c’était magnifique, je me suis régalé » entend-on de toute part.

Le départ était donné à 6h aux  Chapieux  pour le long format, enchainé à 8h par celui du 40km, au Col du Petit Saint Bernard, depuis l’Hospice éponyme. Le soleil se lève timidement et les nuages se dissipent avec lenteur, pour laisser apparaître des prairies d’alpage dorées, surplombées par des sommets minéraux et enneigés, dont la silhouette imposante casse l’horizon. Il faudra 4h14 au premier pour boucler les 40km. Au loin, Jonathan Bracey se rapproche à vive allure, le sourire aux lèvres. A sa suite, Robin Guillermou franchit la ligne en 4h25 et Didier Thiaffey Rencorel qui le talonne, en 4h26. Pour le 60km, on scrute longtemps le sentier d’arrivée, de l’autre côté, avant de voir enfin Nicolas Perrier, qui sera vainqueur de la première édition, rejoindre le finish en 7h11, suivi de près par Loic Viard (7h13) et d’Arnaud Lejeune en 7h22. La première féminine, véritable fusée, termine en 9h02, le sourire aux lèvres : « C’était dur, mais qu’est-ce que c’était beau, merci à celui qui a tracé ça ! ». Le remerciement arrive à bon port, Laurent Vinner sourit et félicite la demoiselle qui vient de boucler son parcours et termine 24eau scratch.

Max, sur le 40km, termine 63esur 500 participants solo et 100 participants sur le relais : « On pouvait pratiquement tout courir, sans dire que c’était roulant, ça se courait franchement bien, mis à part deux côtes qui faisaient vraiment très mal, aux alentours de 30%. C’était beau, mais c’était dur ! »

Sébastien et Julien, coureurs d’ultra trail chevronnés se sont essayés au nouveau format, le 60km et 3500m de D+ :

Le témoignage de Sébastien, 26eplace du 60km :

Nous l’avons testé, et clairement, on a adoré ! Les paysages sont magnifiques, et l’on se sent vraiment coupé de la civilisation, perdus « tout seuls » dans de fabuleux décors de « haute moyenne montagne ». Les couleurs automnales de la végétation que l’on foule du pied – myrtilliers rougeoyants, herbes fanées, mousses et tout un panel d’autres plantes éclatantes – contrastent fortement avec le décors minéral des sommets, glaciers, moraines, au loin, moins débonnaire.

Une partie du parcours est tracé hors sentier. Ce n’est jamais « très » (trop) technique, et la progression sur ces terrains est vraiment plaisante. Une grande partie peut réellement se courir, et pour mettre un peu de piment, quelques passages requièrent plus d’attention. Passages ludiques ou impressionnants selon les sensibilités, on ne peu qu’apprécier l’audace de les proposer sur un parcours trail, et de remarquer les moyens mis en place pour sécuriser le passage des coureurs les moins à l’aise.

Ce qui marque également, c’est le nombre de bénévoles présents sur le parcours. Pointage des coureurs, avertissements sur un passage technique, sécurisation des coureurs, ou simple observation que tout se passe bien, ils sont nombreux à participer, dans des conditions météo pas toujours évidentes (même une météo clémente signifie température ressentie bien basse en cette période et à cette altitude !), et l’on sent que cette compétition est avant tout un moyen de faire partager leur petit bout de paradis à d’autres pratiquants, pour ces passionnés de montagne.

Une petite anecdote: à la fin de la crête Mont Fortin – Mont Favre, un « papi montagnard » bénévole, indique avec motivation la suite de la « balade ». On sort du chemin, jusqu’ici bien propre, pour se lancer « dré dans la pente » en descente sur une pente herbeuse d’une raideur impressionnante. « Attention, att… ». Il s’interrompt, me voyant déjà bien engagé, plutôt à l’aise, « fais-toi plaisir !!! »

Bien loin des événement ultra marketés, aux sonos bruyantes ou « ambiances de warrior », cette organisation propose avec simplicité, « sans chi-chi », un parcours à la fois somptueux et très agréable à courir. Authenticité ? C’est mérité !
Bref, il faut y aller… !

Le témoignage de Julien, 76eplace du 60km :

Je ne pensais pas qu’il existait un territoire encore aussi préservé entre le Beaufortain et l’Italie. Le tracé de la course nous ammène au coeur de ce territoire, en empruntant de très beaux sentiers monotraces et parfois même la trace est complètement hors sentier pour un pur régal au niveau des sensations et des paysages.

Pour nous faire accéder à cet univers de haute montagne, et notamment sur la magnifique crète entre le Mont Fortin et les pentes du Mont Favre, l’organisation n’a pas hésité à prendre quelques risques sur le tracé du parcours qui pourraient intimider les moins aguérris. Ces passages, vraiment bien sécurisés rajoute une petite note supplémentaire à la dimension haute altitude de ce trail.

Au niveau des bénévoles, c’était un plaisir de croiser des personnes souriantes en permanence, et impressionnant de voir autant de bénévoles, même sur les points les plus hauts.

Bref, je suis venu, je m’en suis mis plein la vue et j’ai passé une superbe journée sportive en haute montagne !

Copyright © 2018 outdoorandnews.com. All Rights Reserved. 

Abonnez-vous à Outdoor And News !

Inscrivez-vous à la newsletter !

You have Successfully Subscribed!