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Le 7 Juillet dernier, les amateurs de KV se pressaient en direction de Villaroger pour se frotter à un des formats proposés par TPS, et notamment le K2 imaginé par Laurent Vinner, l’organisateur, qui emmène ses coureurs, aux Arcs, sur le glacier de l’Aiguille Rouge, à 3226m d’altitude.

Ca tombe bien, il faisait chaud ces derniers temps, et parmi les coureurs, on cherche des solutions au problème de la chaleur, qui ne se posera finalement pas, à la grande surprise de tous. Une édition épique, menacée par un orage qui scellera le destin de nombreux trails organisés dans la région, de report, en annulation pure et simple en passant par des parcours de repli, la montagne avait décidé de sortir le grand jeu aux coureurs de sentier. Le K2 a eu sa part ce matin-là. 

Les compétiteurs se rassemblent au départ lorsqu’on annonce un report de départ, pour cause d’orage sur le glacier, qui empêche la sécurité d’y être garantie. Laurent Vinner et son équipe sont à pied d’oeuvre pour prendre des décisions rapidement : d’un côté, les coureurs qui attendent (parfois peu vêtus pour parer à la chaleur crainte), de l’autre, des impératifs de sécurité auxquels se plient toujours les organisations, prêts à braver l’impatience de certains inscrits, car eux savent mieux que personne que la sécurité sera toujours la première des préoccupations. Au final, le départ est donné, au sec d’abord, puis sous la pluie qui se terminera en grêle et… en tempête de soleil et ciel bleu ! Tout est bien qui finit presque bien, Sébastien, notre coureur reporter, se raconte : 

“Un kilomètre vertical ? Quelle horreur ! J’ai testé une première fois à Pelvoux en 2018, c’est un effort bien particulier qui n’est pas ce que j’apprécie particulièrement, étant plutôt adepte de longue et d’ultra-distances…  Mais le parcours double KV “K2” TPS Villaroger-Les Arcs, ça laisse le temps de chauffer le bonhomme avant l’objectif tout à fait sympathique de monter à plus de 3200m d’altitude, au sommet de l’Aiguille Rouge, avec une partie forcément ludique sur glacier / névé. Un changement de décors et de terrain pour rompre la monotonie de ce type d’effort et atteindre un sommet avec vue à 360° sur les environs.  C’est ainsi que je me retrouve au départ de cette épreuve unique en son genre en France (nos amis italiens ont un triple KV, pour ceux qui en redemandent !) avec les amis Florent et Brice, peu expérimentés eux aussi sur les courses verticales. C’est même une première pour Brice, à qui je prête des bâtons alors qu’il n’en utilise jamais, et que je verrai s’envoler pour ne jamais le ratrapper, me donnant raison sur les pronostics d’avant course, que nous avons eu le temps d’ettayer.  En effet le départ est retardé pour cause d’orage passager. Il fait chaud, très chaud, très lourd, mais le tonerre gronde aux alentours et l’ont apprend que la grêle tombe au sommet de l’Aiguille Rouge. La pluie se met à tomber sur l’aire de départ, ce qui n’est pas pour nous déplaire.”

“30mn plus tard, une fois l’orage balayé, nous sommes tous un peu mou de l’attente dans les starting-blocs et le départ est donné. ça fuse, ça part comme des balles, qu’est ce qu’il se passe ?! Placé dans la vingtaine, je vois une quarantaine de coureurs me dépasser dans les premier décamètres: dingue !  Le départ est en effet très roulant, sur piste carossable. Potentiellement un beau piège 🙂 Je tente de garder un rythme soutenu sans me cramer et remonte effectivement une vingtaine de coureurs. Puis l’esprit “KV” s’installe, sur piste de ski, et ce n’est pas compliqué: à la rame avec les bras, marche rapide tant que possible avec les cuissots, “dré dans le pentu”.  Malgré ma casquette-épongé trempé et le torse-nu, je suis en ébullition sur les premier 500mD+. La chaleur est revenue, et j’ai en tête le petit challenge énnoncé par Brice: me mettre une cartouche jusqu’au bout, tenter d’arriver dans le rouge là haut, donner le maximum quoi… Stop le confort !  Après les premiers 500mD+ je retombe tout de même dans un esprit plus “gestionnaire”: le naturel revient au galop ! L’orage revient, et la grêle s’abat sur nous soudainement. Le vent s’invite, et le froid par la même occasion.  Plus nous montons et plus les grellons sont gros et violents, et me fouetent la peau nue. Pour le coup, je ne crève plus de chaud, mais difficile de positiver: je sens que le glacier nous échappe.  Au “premier KV” nous attend un ravitaillement. Je n’en ai pas besoin mais je profite du point de passage pur enfiler ma veste, aidé par un bénévole car elle me colle à la peau. Le sol est blanc, jonché de grêle. Mais nous continuons l’ascension. Florent, qui m’avait reprit mais m’attendais pour que l’on reparte ensemble, prend de l’avance.”

“Quelques pas sur des névés, pas autant de coeur à jouer dedans qu’en plein soleil, forcément. Et après 1600mD+, à quelques décamètres du glacier, on nous arrête: pointage manuel, fin de la course.  S’ensuit l’habituel débrief avec les amis, qui permet d’évacuer la déception de n’avoir pu aller jusqu’au sommet de l’Aiguille Rouge. Nous apprenons que la foudre est tombée sur le téléphérique, ce qui l’a rendu hors service: l’arrêt de la course était tout simplement nécessaire, et l’organisation a su réagir pour permettre un pointage manuel bien au dessus du premier KV. A nous d’accepter les aléas de la météo !  Nous nottons l’ambiance détendue et “familiale” de l’espace à l’arrivée. La musique et le speaker sont à un volume vraiment raisonable. Le soleil a fait son retour alors que nous discuttons des prochaines sorties et prochaines courses autours d’une bière…  Nous reviendrons dans les environs en octobre, pour le magnifique Trail du Petit Saint-Bernard organisé lui aussi par TPS. J’ai couru l’année dernière le nouveau parcours de 60km, aérien et joueur, avec de belles lignes de crête, et j’ai hâte d’y revenir !  Rendez vous le 6 octobre sur “le TPSB” ;-)”