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Depuis l’année dernière, j’ai pris gout aux courses de l’UTWT, j’avais donc décidé cette année d’aller faire un tour en Autriche pour disputer la petite sœur de la Mozart 100 : La Mozart Ultra avec ses 63km et 2000d+.

Avec son départ au cœur de la village historique de Salzburg, cela promet de beaux souvenirs, j’ai hâte.

Après quelques changements inopinés dans mon organisation me voilà à devoir aller à Salzburg en solo et en voiture, le vendredi c’est parti pour 950km à travers, la France et l’Allemagne pour rejoindre ma ville hôte après 10h de route… C’est long et épuisant et ce n’est que le début. A peine sortie de la voiture pour filer aux dossards, je suis calmé par la chaleur étouffante et l’ambiance orageuse : 33 degrés à 18h30…ce n’est pas rassurant pour demain !

Je ne connais pas le profil de la course et après la petite déconvenue lors du trail des Hobbits à cause de la chaleur, je décide surtout de partir prudemment pour faire une course tranquille sachant qu’il faudra reprendre la route dans la foulée pour rentrer à la maison…

Le parcours est une grande boucle, 31km et 1000d+ aller puis pareil au retour après avoir fait le tour du lac Fuschlsee.

Je gère toute cette première partie de course pour me présenter au ravito de la mi-course, à la pointe du lac, en 30ème position après 3h30 d’effort. Mais il est déjà 10h30 et le soleil est déjà très présent avec 28 degrès, sur l’autre rive très peu d’ombre et c’est là que les problèmes commencent.

Le rythme baisse, je transpire énormément, je bois beaucoup mais je sens que la fatigue accumulée des dernières courses plus la route ne sont pas pour m’avantager dans cette aventure. Les coureurs du 42km nous ont rejoint, du coup je prends des wagons de coureurs se qui casse doucement mon moral.

Je passe au marathon en 5h et je n’avance plus bien vite, je marche de plus en plus inquiet de mon niveau de sudation bien plus élevé que d’habitude. Je n’ai pas souvenir d’avoir déjà autant transpiré, même lors du Marathon des Sables.

J’ai du mal à courir sans avoir la tête qui tourne, je suis obligé de marcher si je veux finir… Je vais m’accrocher durant cette longue agonie de plusieurs heures. Au dernier mini ravito au km59 Pau Capell passe devant moi comme une fusée et s’en va remporter la Mozart 100, je me dis qu’il me reste seulement 3 km mais la mauvaise nouvelle tombe : il y a 300d+ sur cette dernière partie : aïe !

L’orage fini par éclater dans le ciel et je passe la ligne d’arrivée en marchant, tranquillement. Je ne suis pas vraiment heureux car j’ai pris peu de plaisir pendant ces 9h15 de course, je termine 84ème avec un chrono très décevant. Je m’enfile quand même une bière autrichienne bien fraiche avant de filer à l’hôtel récupérer mes affaires et reprendre la route… 8h15 de voiture plus tard je suis chez moi dans mon lit, il est 2h du matin… dans 4h je serais réveillé par mon fils pour jouer avec lui dans le lit, ce qui efface toute la déception de la veille…

 Cette Mozart 100 était une ULTRA aventure du début à la fin, je m’accorde un peu de repos avant d’aller faire un tour en Suisse fin juillet à Montreux pour le festival du trail.

Rédacteur : Nicolas MARECHAL

Crédit photo : Sportograf