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Héhé premier petit déjeuner. Je fais chauffer l’eau pour Andrea, Irene et moi. Hum un bon petit muesli aux fruits rouges pour ma part. Les barres de céréales dans la poche de gauche du short, le PQ dans la poche de droite. Le sac est rangé, calé. Une gourde à gauche d’effinov au citron vert. Panpan dans la poche de droite avec une autre gourde neutre au dessus de lui. Casquette fixée, lentilles, lunettes de soleil, buff. Je suis parée ! Tout s’enchaîne très vite comme un routine déjà bien ancrée.

L’ambiance d’un départ de course mais surtout pour une première fois met le ventre et le cœur sans dessus dessous. Mais c’est une sensation exaltante et très excitante. Je m’y rends avec Andrea et par devant l’arche, nous nous faufilons vers le 5ème rang. Je pose mon sac et je navigue de ci de là pour m’imprégner. Gediminas s’échauffe un peu à côté de l’arche. La musique est enivrante et il commence à danser en ouvrant son tee shirt, tellement drôle ! Je fais des photos et je les envoie à Gintare. Et là me viens une idée : je téléphone en face Time et à 5 Minutes du départ, Gedi parle à sa femme, moi aussi ! Le plein d’énergie positive ! Je l’accompagne sur la ligne départ, quelques photos et ambrassades avec les amis : Denis et Ludo, mes copains marocains et je retourne dans mes rangs.

Patrick du haut de son camion commence son briefing. C’est magique, le soleil est là, une luminosité intense, un flot de casquettes sahariennes devant moi, autour de moi, partout. La musique fatidique arrive : « Highway To Hell » à fond ! Tout le monde chante ! Andrea et moi nous sommes aux anges. Le compte à rebours commence ! L’atmosphère est incroyable, le peu de poil que j’ai sur les bras est au garde à vous, une larmichette. Et tout commence ! Autant dire que les premiers mètres voire les premiers cent mètres sont mythiques ! J’hurle plusieurs fois : « putaing tu es au marathon des sables ! » Je regarde Panpan et je lui dis : « mon gars, on y est ». Et oui je suis au marathon des sables incroyable j’ai beau être au sixième rang ça ne m’empêche pas de partir en marchant tranquillement en regardant à gauche à droite partout tellement je suis émerveillée de ce départ. Je me retrouve un petit moment avec Irène et je regarde quand même si je vois Thomas qui devrait normalement être sorti de son ambulance. Chacun prend ses marques chacun avance à son rythme et moi je reste ébahie par le paysage. Et surtout par cette fourmilière ! Depuis le haut de la première d’une, déjà une file de casquettes se profile et s’étale sur un bon kilomètre.

Ma première sensation avec le sable est limite jouissive et je peux vous dire que je ne regrette pas mes bâtons. Pour cette première étape jusqu’au CP à 10 km, j’ai opté pour avoir une cadence de 5 km à l’heure. Chose dite chose faite,  j’arrive au 10e km en deux heures et 15 minutes. Je sais que Virginie est à tous les CP1 et que MEHEZA est à tous les CP3. Mais au CP2 aujourd’hui.

Tout cela est rassurant de savoir que tous les 10 km on voit une tête connue ça fait du bien au moral. Très vite, on se fait d’autres têtes aussi !

Concernant l’hydratation, j’opte pour ma stratégie tous les 10 minutes : j’aspire deux trois gorgées !

Panpan regarde le paysage,  il savoure tout comme moi. Le sac finalement n’est pas si lourd,  bien calé sur mon dos et mes épaules : tout va bien. Les jambes sont OK et déroulent bien ; chaussures guêtres au top. C’est intéressant de voir comme le monde se comporte : certains groupes papotent, d’autres sont déjà dans leur monde, certains semblent stressés et d’autres émerveillés comme moi.

CP 1 : satisfaite de ma progression ! J’ai la pêche, les 13 kms ont été finalement vite enquillés. Les selfies de dab, et tout repart ! avec des dunes de sable, figurez-vous ! Oui oui c’est vrai ! Deux filles me doublent et je les ai entendues de loin… Edith Piaf et Serge Reggiani  à fond, je vais les bouffer ! Je ralantis considérablement pour être loin, loin, loin d’elles.

Du CP1 au CP2, Je ne m’en sors pas trop mal, j’aime être là en fait. Je suis dans mon élément et même pas peur. Je ne refais pas encore le monde dans mes pensées, mais cela ne saurait tardé ! Je ne souffre absolument pas de la chaleur !

CP 2 : à l’horizon, je vois mon grand noir ! Meheza est là ! Il me bichone et mi aussi. Une grosse dose de calins et cela repart. Et là. quelqu’un s’approche de moi : dossard 1006 ? Carole PIPOLO ? oui oui ! Tu as un  gros bisou de Dominique ! OH ! quel bonheur, mon doc préféré ! Cela me booste !

Mais, incroyable, tout roule comme je le pense, on a qu’une seule bouteille mes gourde ne sont pas forcément vides, mais je fais le plein quand même et je m’asperge les jambes et les bras. La suite n’est pas si c’est agréable que ça car nous sommes en fond de vallée les pieds dans le sable et les petites herbes ! On patauge on patauge. Au bout de 3 km je rencontre NICOLE ma voisine de tente Suisse, assise à droite et qui s’est arrêtée pour manger et qui en me voyant, crie  : « youpi je repars avec toi ça va me motiver ». Nous ferons peut être 1 km ensemble et encore je ne sais même pas, et je la laisse partir. À ce moment-là, je double Samir qui semble en difficulté sans réserve d’eau. Je lui demande si ça va. Il n’a pas l’air très à l’aise et clairement il titube  ! Je continue tranquille et j’arrive à un petit col. Patrick est là ! L’occasion de lui sauter dans les bras et on se fait une photo bien sur ! J’ai la banane ! Je savoure tout !

Il y a aussi l’équipe médicale et et je leur informe que le dossard 19 derrière moi a l’air un petit peu de souffrir. Ils me disent oui oui en effet  il n’a pas d’eau. J’attends donc qu’il arrive au col et je partage ma gourde avec lui.

En haut du col c’est génial on voit le camp et là on sait qu’il reste 3 km. Tout le monde me remercie et dit que c’est sympa d’accompagner Samir. Mais  pour moi c’est une évidence. Nous voilà donc les deux sur le chemin de l’arrivée de la première étape. Et Samir du haut de ses au moins 2 mètres, ’impressionne. Il me dit qu’on lui a bien expliqué qu’au CP, il fallait utiliser l’eau mais il n’a pas rempli ses gourdes. Je joue un peu à la petite maman toutes les 10 minutes et je lui demande de boire quelques gorgées. Il me fait rire,  il a le sac qui va dans tout les sens !  Son tapis de sol virevolte. Je me demande comment il fait pour marcher comme ça. Il me touche émotionnellement ! 2 irlandais sont avec nous et discutent. Samir me demande si je connais « grand corps malade » et le film « patients » et me dit que ça raconte son histoire. J’ai vu des extraits de ce film et je m’étais dit qu’il fallait que je le regarde , cela  fera l’occasion. Il me raconte qu’il fait du basket. Et me parle que le MDS cela est son rêve. J’adore ses derniers kilomètres avec lui. Il me demande souvent combien il reste pour atteindre cette fameuse arche. Les 2 irlandais, va savoir pourquoi, nous gillent sur la ligne…Parfois, je ne comprends pas les gens… bref !

Arrivée 1 dans le bivouac ! Virginie m’attend de pied ferme, le thé aussi et mes 4 bouteilles d’eau. Traversée du bivouac, le sourire aux lèvres : check étape 1 : YEPA ! Ma tente 29 me tend les bras : tout le monde est là. Andrea verse une larme car elle a mal. Et je suis surprise de ne pas voir Mathieu… 20 minutes devant moi aux 2 CP… Pourquoi il n’est pas là. GRRRR. Nous nous racontons nos sensations. Je quitte les chaussures, toilette, et en 30 secondes, je suis déjà changée ; la satisfaction ! Une compote de pommes plus tard et je suis comme neuve !

Et qui voilà ! Notre Mathieu national qui arrive avec le chameau balai. IL est là, sur ses deux pieds, a priori, pas trop mal dans la tête. Il nous raconte son histore de la nuit d’avant et sa journée. Il était bien devant moi au CP2 de 20 minutes, mais il s’est arrêté sous la tente, et repartir. 7//, tente 29 au complet.

En attendant de manger le dinner, cela s’affaire sous cette tente : Gediminas vient chercher du réconfort couture. Et me voilà aiguille en main, à lui coudre un élastique sur son bob François D’Haene, pour ne pa que celui-ci s’envole quand il court. Faut dire qu’à 16 km/h parfois, forcément il y a prise au vent ! LOL,,, Cela ne risque pas de m’arriver et de toute façon, j’ai une casquette qui tient bien ! Samir, vient demander aussi à petite maman de coudre et réparer sa pochette WAA.

La soirée et la nuit vont suivre leur cours…. La poste est passée et nous lisons tous nos mails. Certains me font sourire, d’autres me tirent la larme. J’enlève les deriers cailloux, pour dormir à même le sol, le plus correctement possible et c’est le cas, la marmotte a le sommeil lourd. Le marchand de sable passe…. A demain….

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