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Le 10 septembre sonne comme une aventure à saisir, mais qui fait frémir !

Le Half Marathon Des Sables à Fuerteventura (Canaries) m’ouvre les bras ou plutôt me tend un dossard.

A peine 15 jours pour s’entraîner, autant dire rien ! Et de toute façon, m’entraîner ne fait pas partie de mon vocabulaire, enfin, pas comme tous ces coureurs qui suivent un plan. Je m’entraîne à ma manière…toujours sur les chemins…toujours en perpétuelle bougeotte ! Le foncier est donc là. Et je suis une warrior…

Le concept du Half MDS est simple.

Comme son nom l’indique, côté distance, c’est la moitié du MDS donc : quasi 120 km en autosuffisance, en 3 étapes, dont une longue (25km, 67km, 21km)

Comme son nom l’indique toujours, cela se passe à Fuerteventura aux Canaries. Donc, si je me penche sur le site internet et en fouillant à droite à gauche, je devrais courir sur une alternance de sable, de sentiers en balcons, d’oueds, et du volcanique. Un mixte donc !

PREPARATIFS

Toute course en autosuffisance implique des calculs, de peser, de choisir intelligemment, de compresser, de défaire, refaire son sac.

Me voilà donc dans mon salon à recouvrir le parquet de tout ce qu’éventuellement, je vais emmener dans mon sac Instinct Eklipse de 12 litres : multiples poches pour multiples rangements.

Ouvrir, reconditionner les plats lyophilisés de mon partenaire Lyophilisé and co jusqu’à avoir mes 4 jours de 2000 calories minimum.

La tenue ? aucune hésitation :

tee-shirt, short, casquette, buff => INSTINCT

chaussures => ALTRA

sous-vêtements => ANITA

vêtements de repos (un short, un tee shirt) => COMPRESSPORT

lunettes => JULBO

chaussettes (2 paires) => INJINJI

Sans oublier :

le sac de couchage ; je fais l’impasse sur le tapis de sol

le nécessaire médical et toilette

PAN PAN

l’iphone et mon petit appareil photo

bâtons 3 brins LEIKI

le nécessaire pour cuisiner : un jetboil et mes allume-feux

Et ce petit pacquage doit peser entre 5 et 11kg… PARI TENU : 8kg avec les 2 litres d’eau

DEPART :

Aéroport Genève 4h30 du mat, je rejoins mon duettiste de voyage Franck Oddoux, inutile de le présenter, he is the best photograph ! On en profitera pour refaire, défaire le monde entre autre, du trail hihi. 

Petite escale à Barcelone, et 14h pieds sur le territoire espagnol : Fuerteventura.

Direction l’hôtel, repas, et vérification du matériel. La balise est fixée, dossard 270, impossible de reculer !

Je croise des têtes connues, des sourires échangés, des blagues.

18h : 7km au compteur pour rejoindre le camp. Bonne marche d’approche pour sentir son sac, appréhender le terrain.

CAMP par îlots de 6 tentes individuelles, un régal, j’adore le camping ! Tout le monde s’organise. On dirait une fourmilière ! Je suis surprise d’entendre : « eh carole, tu es là ! » Briefing assez émouvant et qui nous met de suite dans l’ambiance. Les étoiles sont belles, le climat est doux et humide.

PREMIER JOUR :

Première nuit sous tente, dans une zone naturelle exceptionnelle, réveil à la lueur du jour. Waouh ! Il paraîtrait qu’il ait plu, je n’ai rien entendu !

Premier petit dej, premier allumage de briquet, premier muesli (le dernier d’ailleurs, explications demain). L’ambiance est agréable, mes amis de chambrées sont drôles.

« Pour la petite histoire, c’est exactement dans cette zone qu’a été tourné en mai et juin de cette année une partie du prochain épisode de la saga Star Wars : les concurrents trouveront-ils les restes d’un droïde enfouis dans le sable ? » dixit le MDS

Perso, à part trouver un peu de sable dans mes chaussures, rien à signaler !

Le sac à dos remanié est calé sur les épaules…le départ est sonné, Romain nous invite à commencer la descente de 3km vers le bus.

Tous bon enfants, cela papote, rigole. Ca se selfise de ci, de là. Contact sable 1-carole 0. J’avais oublié depuis 10 mois (Race desert Marathon en dec 2016) ce que c’était de marcher dans le mou, cela va revenir !

Un petit tunnel, une vérification de la balise, un road book en main, et nous voilà dirigés vers les bus. Une petit demie heure de voyage et une petite marche d’approche. Attente au bord de l’océan spectacle grandiose, un arc en ciel de couleurs dans ces tenues de traileurs. Les WAA sont en force. Je fais sensations avec Pan Pan dans le sac. Mes amis japonais connaissent Instinct et me parlent de Sean. Il fait chaud, beau…10h50 le briefing annonce un départ de course imminent.

Musique, applaudissements, regards croisés et goooo, démarrage en trombe d’une foule en délire. Ils sont bien gentils, mais moi je me connais par cœur : si je cours déjà maintenant happée par l’ambiance, je suis dans le rouge dans 2 km… Stratégie, stratégie, non ! Jugeote plutôt : je reste à MON rythme, surtout que cette étape débute par un bon dénivelé plein cagnard, autant dire que ca pique. Souffrance du premier coup de cul, extase au sommet, descente de ouf sur un sentier magique : PC1 check dans les bras de Patrick Bauer qui me promet à 1 km une bande de surfeurs top model.

Maintenant, une gestion et un rythme sont à mettre en place : 10km de plage. La tactique est de jouer au plus près de l’eau pour une fatigue amoindrie et ainsi avancer en cadence sur du sable le plus dur possible. La sensation d’immensité est spectaculaire. Du vent…de l’air salé… bien s’hydrater et ne pas oublier les paroles du briefing : la marée monte… un ou deux passages les pieds dans l’océan, un ou deux passages techniques dans les rochers. Je double, je retrouve. On quitte la plage en petit groupe, Felicia et moi sommes estomaqués par la gente masculine dénudée (on en a bien ri, ce qui s’est passé à Fuerte, reste à Fuerte). Dolores est prise de panique, elle se collera à mes talons, en montant avec les mains. La suite est magnifique : sentier en balcon sur un sol blanc, un canyon à 42 degrés et une vision apocalyptique au loin : une dune de 100m de dénivelé… Arrivée sur place, ce n’était pas un mirage : la montée est époustouflante, que du bonheur ! PC 2 check !

Je récupère une canadienne pour le dernier bout de 4km. Un sentier de sable. La chaleur pèse, sans doute plus que le sac, mais aucune raison de se plaindre : « tu vis une aventure extraordinaire ». Tu te souviens que ta philosophie n’est point de la compétition et tu t’estomaques quand ta compagne de derniers kilomètres pique un sprint en haut de la bosse à la vue de l’arche et double et grille 3 traileurs lors des 25 derniers mètres…

Arche franchie : au compteur pour cette journée : 25,7 km + 3km (pour aller chercher le bus) + 2 Km pour rejoindre le départ = 30,7km

Satisfaite ? Forcément ! Récupération de mes 5 litres d’eau, Retour à ma base numéro 26. Mes compagnons de bivouac sont là. Moi, j’ai une fin de loup ! Toilette vite faite, je me change, affaires de run qui pendent sur la toile. Repos à l’ombre et discussions. La pêche est là ! Mais mes oreilles commencent à bourdonner… les plaintes et critiques vont bon train…. explications et analyse dans un prochain article !

Repas du soir bonsoir, câlins du soir espoir. 21H30 chacun dans sa tente, 21h34 je dors…

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