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Et de 2 pour Damien DOUVRY ! Un garçon sensible, drôle, qui court pour lui mais tout en pensant aux autres. En équipe cette année, il a oscillé dans ce MDS, mais il a tout donné ! 

Quelle est la  première phrase qui te vient à l’esprit à la suite de ce  MDS  2019 ? D‘autant plus que c’était ton premier MDS. 
Une aventure extraordinaire ! Où le mystère reste entier tant qu’on n’y a pas goûté 😉


Lors de ta préparation, avait tu des doutes sur des « bobos » qui pouvaient arriver ? des coups de moins bien ? 
En s’engageant sur l’une des épreuves extrêmes les plus difficiles au monde, tu redoutes forcément la grosse blessure te contraignant à mettre le clignotant en signant ton abandon.
Après les petits bobos handicapants sont souvent les ampoules aux pieds. En amont dans ta préparation, tu fais en sorte de bichonner tes pieds (tannage et pédicure).

Lorsque l’on se prépare, on s’imagine finir dans de bonnes conditions, mais lors d’une course à étapes lorsque les blessures ou des gênes arrivent, notre façon de voir les choses change, comment gères-tu cela ?
J’essaye d’oublier la douleur et la souffrance de l’effort en pensant à des choses positives (ma famille et ma petite femme me reviennent régulièrement à l’esprit). Depuis 2018, mentalement je travaille avec une sophrologue Rochelaise (Muriel Picamoles) cela m’aide à franchir un cap.

Pour toi, est-ce difficile (mentalement) de se dire que tu t’es entraîné  et que ton objectif n’est pas forcément au RDV ? 
J’ai eu la chance d’être en bonne santé pour prendre le départ de l’épreuve. Quand j’épingle un dossard c’est pour mouiller le maillot et me donner à 100 pour cent. Après la forme du jour n’est pas forcément au rdv, ce sont les joies du sport.

Plus de concurrence cette année ? Quelques marocains supplémentaires, un italien, un espagnol (Alex était déjà là l’année dernière), une femme Ragna toujours dans les parages ? 
Pour cette édition, rien à voir avec 2018 le level était HARD ! Dès la première étape, j’ai pris la température de l’adversité en terminant dans le rouge finissant 13eme de l’étape avec Aziz El Akad. Après, tu retrouves de sérieux clients dans les profondeurs du classement comme le Kényan Isaac Kosgei et bien d’autres.

Qu’est-ce qu’il a été le plus dur ? (chaleur, sable ??), le plus facile ? Quelle étape as-tu préféré, bien géré, mal géré et pourquoi ?
Pour ma part, c’est la vie sur le bivouac qui rend l’épreuve extrêmement difficile : sans confort ni matelas, l’hygiène et l’écoeurement de notre alimentation lyophilisée, aucun contact extérieur. Heureusement, je me suis retrouvé dans une super toile de champions comme une seconde famille et avec la grosse ambiance de TERDAV.
Pour ma part, j’ai adoré la seconde étape avec les 13km de dunes, l’impression d’être seul au monde à y laisser ma trace. Également, l’étape la plus difficile à gérer sur le roadbook.
La 3éme étape, je suis passé du rêve à un véritable cauchemar ! Une grosse déshydratation à 20km de l’arrivée par 38 degrés à l’ombre. C’est au mental que je termine l’étape.

Une édition plus dure que l’année dernière ? Satisfait de ton classement ? 
Une édition rendue plus difficile par la concurrence.
C’est toujours une victoire d’être finisher d’un MDS.
J’avoue être mitigé sur ma performance avec cette 25eme place au général…  Le grain de sable sur mon organisme a pesé très lourd en conséquence sur mon classement individuel.(déshydratation). J’étais très diminué pour amorcer dans de bonnes conditions l’étape longue de 77km.
Je me suis battu pour l’équipe TERDAV et la satisfaction de monter sur le podium par équipe.

Faire la course pour soi est une chose. Etre en équipe se greffe dessus. Comment manager cela ? Le classement individuel prime sur l’équipe ? Des discussions la veille des étapes en stratégie ? 

J’ai continué pour mes proches, ma p’tite femme et l’équipe TERDAV .
Un MDS ne s’abandonne pas sur un coup de tête.

Un top 15 multinationalités, qu’en penses-tu ? Les marocains sont toujours prenables ? 
Le Top 15 c’était envisageable… Mais avec des “Si” on refait le monde !!! Les marocains sont les patrons du désert. Ils survolent le marathon des sables par leur talent de courir sur le sable. Le gros avantage qu’ils ont sur les européens, c’est l’acclimatation et surtout ils connaissent le désert comme leur poche. Difficile de rivaliser, face à eux, nous “jardinons” à trouver leurs traces. Je sais pertinemment que j’ai grimpé inutilement des dunes en cumulant quelques km en plus.

La vie au MDS est sereine et bienveillante. Quelques retours, anecdotes sous votre tente 89 ? La tente une famille ? Une organisation particulière entre vous 8 ? 
Des anecdotes et moments inoubliables dans la toile 89… je pourrais en écrire un livre ! Je retiens : la simplicité, la gentillesse de ces grands champions que sont Laurence Klein, Julien Chorier et Merile Robert…
Chaque matin, Laurence Klein avait pour mission de retrouver mes socquettes, Julien de faire bouillir ma gamelle, et mon ami Merile, de courir avec mon Sac MDS de 6,5kg sur les étapes. Ce dernier a refusé. Vraiment que des ondes positives dans cette toile. Avec Jorge et notre chanteur Mohamed toujours les mots pour rire.

 

Quelques mots sur l’organisation, le staff, les bénévoles. Quelques points positifs et à améliorer ? 
Après 34 éditions l’épreuve est bien rodée, une grosse logistique. Des bénévoles en OR avec leur chef de file Patrick Bauer.
Peut-être les frais d’inscription à revoir à la baisse ! Afin d’y faire goûter un maximum de coureurs cela reste un gros budget !! 

Tu voulais une anecdote sur mon MDS, je me suis retrouvé en mode barbeuk sur l’étape longue au Km50 avec le Marocain Aziz El Akad sans les merguez et la bonne bière bien fraîche mais à piocher dans sa gamelle… Côté course, un souvenir qui restera dans ma mémoire.

 


As-tu recommencé à courir depuis la fin du MDS ? T’es tu reconcentré déjà sur le prochain objectif ?
Non, d’ailleurs j’ai du décliné une invitation sur un trail à La Rochelle (le 1er Mai) suite à ma chute survenue lors de la dernière étape du Marathon MDS (une côte fêlée) je pensais à un hématome interne. Prochaine épreuve:  objectif LAVAREDO en Italie.

Que retiendras-tu de cette édition 2019 ?
Je retiendrai l’ambiance de l’équipe Terres d’aventure (TERDAV pour les intimes), l’entraide et la persévérance pour aller au bout de l’aventure, ma toile 89, la caravane du MDS, le smile des bénévoles etc !! Les moments de partage et les nouvelles rencontres humaines. Avec un grand merci à Eric Balian et Lionel Habasque, sans eux, je n’étais pas au départ pour vivre cette belle aventure ! 

Une inscription 2020 ?
Inshallah pour 2020 je n’ai pas défini mon calendrier…

Crédit photos : CIMBALY

Rédaction et mise en page : Carole PIPOLO et Marie SERIN

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