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Deux fois vainqueurs du Marathon des Sables chez les féminines en 2015 et 2017, Elisabet Barnes est une athlète suédoise spécialiste de l’ultra-trail. 

Elle revient pour notre plus grand plaisir sur son histoire, sa préparation de courses et ses objectifs pour 2019 et 2020.

Quels sont tes jobs ?

Je suis coach de running sur internet et j’organise aussi des stages d’entraînement (running camps) dans les îles Canaries . Je suis aussi la co-propriétaire d’une boutique de running spécialisée dans l’équipement de courses ultra longues distances et multi étapes : myracekit.com

Quel âge as-tu ?

J’aurai 42 ans en Avril.

As-tu un rituel en course ?

Cela dépend de la course. Dans une course multi-étapes, j’essaie toujours de me lever tôt, 2h avant le départ de la course pour avoir le temps de prendre un petit-déjeuner, de rassembler et d’organiser mon équipement. J’aime aussi avoir du temps pour moi pour me reposer et me relaxer tant mentalement que physiquement et revoir l’étape pour le lendemain afin de planifier ma stratégie.

Pourrais-tu nous donner une de tes qualités ? Et un défaut ?

Je suis quelqu’un de positif et si une situation est difficile, j’essaie de penser à des choses positives. C’est très utile pendant une course.

Une de mes faiblesses est que je suis quelqu’un qui se laisse facilement distraire et je suis douée pour repousser à plus tard ce que je devrais faire le jour même. J’adore faire des choses amusantes et j’évite celles qui sont ennuyeuses même si elles sont importantes.

Quel est ton meilleur souvenir de course ? Et ton pire cauchemar ?

Mon meilleur souvenir de course est ma victoire sur le Marathon des Sables pour la seconde fois en 2017. Je ne le savais pas à ce moment-là mais j’ai établi le record féminin du MDS. J’avais travaillé très dur pour cette victoire qui représentait tellement à mes yeux ! Je garde un souvenir impérissable de la fin de la longue étape. Pendant cette étape, on me rapportait que j’étais presqu’à 20min de Nathalie Mauclair et j’étais dévastée, mais dans les 20 derniers kilomètres je l’ai rattrapée et j’ai fini seulement une minute derrière elle. Passer la ligne et réaliser que j’étais encore en tête avec une bonne marge avant la dernière étape était juste exceptionnel.

J’ai beaucoup de mauvais souvenirs. La plupart à cause de chûtes et de blessures. C’est arrivé un nombre incalculable de fois. En Afrique du Sud, je me suis blessée au poignet et n’ai pas pu utiliser ma main pendant 3 jours, c’était dur. Une situation comique mais difficile m’est arrivée en Australie lors de la « Big Red Run ». Cela se passait dans le désert de Simpson dans un environnement généralement très sec. Cependant nous avons eu des averses comme personne n’en avait connu depuis plus de 6 ans dans cette région. Le désert était devenu un bain de boue. Notre camp ne pouvait être déplacé et les véhicules ne pouvaient pas se déplacer pour noter la course. Nous étions comme des naufragés. Une étape a été annulée et une autre a vu son tracé modifié. Quand nous courions, nous avions d’épaisses couches de boue sous les chaussures, au moins 10 cm, et c’était horrible pour quelqu’un comme moi qui aime courir dans les endroits secs et évite la pluie autant que possible !

Quelle est ta course rêvée ?

Je n’ai pas de course rêvée. J’aime découvrir de nouveaux endroits en courant et de nouveaux continents. Je n’ai jamais couru en Amérique du Sud et en Antarctique donc courir là-bas serait fantastique !

Qu’est-ce que tu apprécies dans les courses à étapes ?

L’opportunité de vivre une vie réelle, simple, basée sur les besoins basiques. Manger, dormir, courir et apprendre à connaître les autres participants. Ne pas se soucier des autres choses de la vie. Dans nos sociétés d’aujourd’hui, nous stressons à propos de beaucoup de choses qui ne sont pas importantes, mais nous pensons qu’elles le sont. Dans une course à étape, tu as une autre perspective de la vie et tu réalises ce qui est important et ce qui ne l’est pas.

As-tu un objet fétiche que tu emportes avec toi sur une course à étapes ?

Non, je ne suis pas très matérielle ni sentimentale. Je n’amène rien qui ne me soit pas utile pendant la course. Tout ce dont j’ai besoin pour me motiver, je le porte en moi, dans mon cœur.

Peux-tu nous parler de tes « Training Camps » (stages d’entraînement) : où , quand et pour qui ?

Actuellement, mon fiancé Sondre Amdahl et moi organisons des stages d’entraînement dans les îles Canaries et en Norvège. En 2019, nous aurons un stage en Norvège à l’automne et en Janvier/Février 2020, nous aurons 3 stages à Gran Canaria. Ce sont des stages pour les traileurs et ultra-traileurs de tous niveaux. Nous avons un fort taux d’encadrement afin de correspondre aux attentes de chacun depuis l’élite jusqu’au randonneur rapide. Nous incluons des ateliers techniques et des courses dans des milieux magnifiques sur des sentiers exclusifs, des dîners et des discussions où nous abordons divers aspects de la course à pieds tels que l’entraînement, la course mais aussi la nutrition et la vie en général. Si des personnes sont intéressées, elles peuvent m’écrire à elisabet@ultra.coach car nous sommes actuellement en train de créer un nouveau site web.

Sondre et moi sommes aussi coachs lors de stages d’entraînement organisés par Ian Corless à Lanzarote. Ce stage a lieu en Janvier 2020 et est adapté aux personnes voulant développer leurs capacités en course. Nous centrons nos interventions sur des courses à multi-étapes telles que le MDS et le terrain à Lanzarote ressemble beaucoup à celui du MDS. Ce stage est également valable pour des débutants et le terrain est moins technique qu’à Gran Canaria.

Pourquoi as-tu décidé de prendre part au MDS 2019 ?

Je ne serai pas au départ du MDS cette année en raison d’un virus que j’ai contracté après être allée au Népal en Novembre dernier. Je n’ai pas eu le temps de m’entraîner correctement, ayant passé 11 semaines à combattre cette grippe. Heureusement, je vais bien maintenant.

Penses-tu que tes précédentes participations au MDS auraient influencé tes objectifs pour le MDS 2019 ?

Si je prends part au MDS, il ne peut y avoir qu’un objectif : celui de gagner et d’améliorer mes précédentes réussites (11eme au classement scratch, plus rapide femme). Ce n’est pas facile, même pour moi !

Lors de tes précédents MDS, avais-tu peur de la longue étape ? Ou d’autre chose ?

Je n’ai jamais eu peur de la longue étape. Au contraire, je l’attendais impatiemment. J’ai appris que je ne devais pas dépenser de l’énergie inutilement à me faire du souci pour des choses qui sont hors contrôle parce que tu ne peux rien faire pour ces choses là. Entraîne-toi, fais tes préparations et cours intelligemment. Si quelqu’un est meilleur que toi, s’il y a une tempête de sable, si tu tombes et que tu te blesses, il n’y a rien que tu puisses faire à part t’adapter et continuer à faire de ton mieux. En 2016, je m’inquiétais à propos de trop de choses et j’ai fait une très mauvaise course. En 2017, je ne me suis souciée de rien ni de personne et j’ai fait une très belle course !

Si tu avais un seul conseil à donner aux participants du MDS, quel serait-il ?

A ce moment là de la préparation (environ 3 semaines avant le départ) , acclimatez-vous à la chaleur. Ce sera super important et cela ne devrait pas être négligé. Vous pouvez lire mon blog sur ce sujet ici :

https://elisabetbarnes.com/2018/03/16/how-runners-can-acclimate-to-heat/ 

Et un conseil pour les ultra-traileurs en général ?

Ne pas faire de sur-entraînement. Le plus grand problème que je rencontre en tant que coach est que les gens s’entraînent trop et se blessent. Si vous vous mettez à l’ultra, cela peut valoir la peine de prendre les conseils d’un coach. Pas pour vous pousser davantage mais pour vous apporter une structure, un cadre et dans bien des cas vous empêcher de trop vous entraîner.

As-tu prévu d’autres courses en 2019 ?

Je ferai la TransAtlas au Maroc en Juin. J’adore le massif de l’Atlas, je suis donc impatiente de prendre part à cette difficile course multi-étapes . Puis en Septembre, j’irai courir la TransAlpine en équipe mixte avec mon fiancé Sondre Amdahl.

Aimerais-tu revenir au MDS en 2020 ?

J’aimerais revenir au MDS bientôt donc j’espère pouvoir y être en 2020. Je suis actuellement en train de planifier ma saison 2020 donc nous verrons si toutes les courses de mon programme y rentrent !

Un immense merci à Elisabet pour avoir eu la gentillesse de répondre à toutes nos questions !

Nous lui souhaitons une belle saison 2019.

Rédactrice : Marie Cazelles

Crédit Photos : Elisabet Barnes

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