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JAMAIS !

 

C’est le mot que je prononçais lorsque l’on me demandait, si en tant que traileuse j’avais déjà fait la SaintéLyon.

 

Pour ma part je n’aime pas les trails où il y a trop de monde car ce n’est pas pratique de circuler sur les chemins et en plus c’est une période que je n’aime pas car il fait trop froid, trop humide, bref jusqu’à début novembre 2018, JAMAIS je ne pensais faire la SaintéLyon !

 

Et puis mi-novembre plusieurs raisons me font changer d’avis dont une particulièrement : Un de mes coachés (Laurent) a pour objectif d’être finisher sur cette édition.

 

Et me voilà donc lancée sur cette petite balade qui aura lieu dans la nuit du 1 au 2 Décembre.

 

Bien évidemment, pas d’entrainement spécifique (car j’y vais sur un coup de tête), je me reposerai donc sur mes acquis de cet été (trails longs).

 

J’y vais complétement « à l’arrache » comme on dit. Je ne sais même pas où se situent les ravitos (juste les 2 premiers St Christo et Ste Catherine). Je n’ai pas le dénivelé positif exact (j’imagine 2100 à 2200 D+ puisque cette année le parcours est un peu plus long).

 

Je préparerai mes affaires le samedi fin de matinée pour partir le samedi vers 15h.

 

Comme d’habitude c’est une folie de vouloir se garer près du hall Tony Garnier, mais on pense au retour, mieux vaut que la voiture soit garée proche de l’arrivée.

 

 

Retrait des dossards, achat du billet de la navette, un passage aux toilettes, une photo sous l’arche d’arrivée et nous voilà partis dans la file d’attente pour la navette qui nous mènera à St Etienne.

 

Gloups, je m’aperçois que j’ai oublié mes semelles orthopédiques … et que, en plus, je n’ai pas de semelles de propreté dans mes baskets (c’était bien le jour d’oublier tout ça ….). Enfin bref, passons.

 

Une petite heure de trajet avec un peu de musique et en quelques minutes notre sac est sorti du bus, nos affaires déballées dans le gymnase, notre casse croute déjà entamé, et notre duvet étalé par terre.

 

Il est temps d’essayer de dormir un peu car nous avons 3h avant le départ de la première vague.

 

Et puis (apparemment plus tôt que les précédentes années) tout le monde s’agite, s’habille, remballe ses affaires dans le but de se rendre sur la ligne de départ.

 

Allez, nous non plus, nous ne dormons pas donc on fait la même chose (et il faut dire que Laurent est chaud comme la braise et n’attend plus que ça: PARTIR !).

 

Direction la ligne de départ, 1èrevague partie, deuxième, troisième, et là on espère faire partie de la 4èmevague ! Il commence à bien pleuvoir, on veut juste aller se dégourdir les jambes ! Laissez-nous couriiiiiiir !

 

Yes nos prières sont exhaussées ! Départ de la SaintéLyon à 00h15.

 

Nous sommes donc 4 (Angélique une amie, Laurent mon coaché, Jérôme mon copain et moi). Ça monte, ça descend, ça remonte, ça redescend, du bitume pendant quelques km, et enfin du sentier !

 

Au dixième km nous sommes déjà trempés. Mais pour ma part rien ne m’ennuie, j’irai au bout de cette SaintéLyon car je ne la referai peut-être JAMAIS (j’ai encore dit jamais ???).

 

Laurent s’en sort très bien, il gère sa course parfaitement bien, je sais qu’il est prêt ! Jérôme commence à être plus que trempé ! Angélique, elle, poursuit sont petit bonhomme de chemin.

 

Le sol est recouvert de boue, plus aucun passage n’est sec, ça glisse sous les baskets mais j’ai ma petite technique qui assure : courir sur l’avant pied avec des petites foulées afin d’avoir le moins de contact au sol et un minimum de temps.

 

1erravito : St Christo !

 

Mais quelle chaleur dans cette tente ! Ce n’est pas que ça me déplaise mais ça va être difficile de repartir ! Une tranche de fromage, un bout de pain, un thé et retour dans le froid et sous la pluie (on adore !)

 

Sans pour autant courir l’un à côté de l’autre on se croise toujours et restons tous les 4 à la même hauteur.

 

Pour ma part tout va très bien, j’ai froid, c’est certain, mais dans ma tête j’imagine une journée familiale au coin du feu (le bonheur), mes jambes sont en pleine forme !

 

Je m’inquiète cependant pour Jérôme qui est transit de froid à cause d’une veste mal imperméabilisée ….

 

Laurent trottine toujours aussi bien et n’oublie jamais de nous glisser un petit mot à chaque fois qu’il nous croise : On est pas bien Tintin ? rires

 

2èmeravito : St Catherine !

 

Laurent est devant, Angélique décide de changer de haut, et Jérôme me conseille de faire la même chose en me donnant sa première couche dans son sac.

 

J’hésite car je sais que notre logistique (deux amies : Bénédicte et Nathalie) n’est plus très loin (dans 5km nous devrions les retrouver). Et puis en insistant (et je l’en remercie), j’écoute mon copain et file me changer également.

 

Je mets donc sa première couche (légèrement mouillée car la pluie est passée partout) et je mets par dessus une autre couche que j’avais également dans mon sac en réserve (elle aussi mouillée mais les deux l’une au dessus de l’autre font largement le job demandé).

 

Jérôme est parti à la rencontre de notre logistique dans le but de se réchauffer plus vite et d’arrêter son aventure là-bas (il n’en peut plus de cette pluie qui le glace).

 

Je reste avec Angélique pour prendre un thé avant de repartir, et nous constatons (en riant) que nous sommes également transies de froid ! Le thé manque de se renverser tellement nous tremblons.

 

Aller c’est reparti direction : notre logistique.

 

Au bout d’un kilomètre Angélique me dit de partir devant si je le souhaite. Chose que je fais car le fait d’attendre me refroidit. Et puis je sais qu’elle la connaît cette course car pour elle c’est loin d’être sa première SaintéLyon.

 

Ainsi je pars devant avec un rythme qui m’étonne ! Plus de 32km et je cours comme si je n’avais encore rien fait ! Mais que c’est bon de profiter comme ça ! C’est même euphorisant !

 

Je n’ai maintenant plus du tout froid, la pluie a cessé pour l’ instant, les km défilent mais je ne vois toujours pas notre logistique et nous sommes 2km plus loin que prévus ! Pas grave, pour ma part je suis tellement bien que je continue ma route on verra plus tard.

 

Une grosse montée se présente à nous ! Wahou ! Je double sans mal beaucoup de personnes qui ont quelques difficultés. Pour ma part je pourrais presque courir. (Je le regretterai un peu sur les derniers kilomètres).

 

Et puis j’arrive à une espèce de petit village où des spectateurs bien courageux nous encouragent et sonnent des cloches !

 

Mais …. Mais ???? Dimitri ???? Ouiiii ça y est notre logistique s’est implantée ici avec la venue d’un ami supplémentaire ! Je suis ravie de les voir, je vais super bien, mes jambes sont encore légères, aucune sensation de douleurs, tout est parfait ! Laurent est là, Jérôme aussi !

 

Je ne me change même pas car j’ai bien chaud, et que cela me convient parfaitement. Je change uniquement de chaussettes pour espérer retrouver un peu de sec dans les baskets.

 

Laurent repart rapidement pour ne pas se refroidir, moi j’attends Jérôme qui se remet au sec et qui finalement décide de continuer.

 

Aller on est reparti ! On reprend Tintin (Laurent) toujours en super forme. Les kilomètres continuent de défiler. Tout va bien Jérôme est toujours avec moi (Nous remonterons quelques 2000 places entre St Catherine et l’arrivée).

 

Laurent est un peu derrière mais je ne m’inquiète pas trop. Le jour se lève, le brouillard avec et le froid se fait un peu plus ressentir.

 

J’ai une chaufferette dans chaque main histoire de ne perdre de chaleur par les extrémités.

 

Arrive le 65èmekilomètre où les vraies douleurs se pointent. Mes pieds me font super mal (j’imagine ma peau complétement recroquevillée dans les chaussettes avec plein de boue et donc de micro cailloux qui te font un ponçage gratuit (rires)), mes mollets sont douloureux, et tout le reste au dessus se porte super bien, hormis mon cerveau qui se déconnecte petit à petit et qui n’est plus réceptif du tout.

 

 

 

Ravito de Soucieux !

 

Il reste 19km, nous faisons une vraie pause, charcuterie, pain, soupe, fromage. Et nous repartons dans le but d’en finir avec tout ça.

 

Nous devions retrouver notre logistique, mais à priori elles ont du s’endormir dans la voiture !

 

Je m’oblige à courir, Jérôme me soutient également mentalement. Pour lui tout va bien, son corps est largement habitué aux ultras cette année.

 

On monte, on descend, je préfère les montées ça soulage.

 

Derniers ravitos, d’un commun accord avec Jérôme on passe juste à travers la tente sans rien prendre. Nous n’en avons pas l’utilité et nous avons juste envie de finir.

 

Mais lorsque je passe sous la tente je regarde le ravito car l’envie de me poser est énorme. Mais pas question alors le ravitaillement défile tristement sous mes yeux et intérieurement je me félicite de continuer car ça nous aurait juste fait perdre du temps.

 

 

 

Allez 12km et l’arrivée sera à nous !

 

Mes jambes et mes pieds n’en peuvent plus ! Mais ma tête m’oblige à courir sinon nous y serons encore demain !

 

Une grosse montée, Jérôme en profite pour téléphoner à notre logistique pour avoir des nouvelles d’Angélique et Laurent.

 

Angélique a abandonné au 40èmekilomètre et Laurent au 61èmekilomètre (impossible pour lui de marcher). Je suis un peu attristée par ces nouvelles mais mon cerveau n’a pas bien le temps de s’y attarder car il est ailleurs, il est sur la ligne d’arrivée.

 

5km, 4km, 3km, 2km, …. Je pleure presque à chaque panneau de kilomètrage et Jérôme se retourne à chaque fois pour m’interdire de craquer maintenant. 1km, C’est magique ! Elle est là ! La ligne ! Là où tout va se terminer ! Enfin ! Le hall Tony Garnier où la chaleur nous envahit, où les spectateurs sont tous réunis pour féliciter chacun des finishers de cette édition spéciale !

 

 

Je passe la ligne d’arrivée avec Jérôme qui m’a soutenue ces 15 derniers kilomètres (et tous les jours aussi), je fonds en larme, c’est la première fois que je termine avec de telles douleurs dans les pieds et les jambes.

 

Mais c’est bel et bien fini alors maintenant je ne fais que kiffer le moment !

 

J’ai même le droit à la bise de Ludovic Collet qui me félicite également. On a tout simplement l’impression d’être des héros à ce moment là.

 

Merci à tout le monde, à notre logistique Béné et Nathalie accompagnée de Dimitri et Etienne, merci à Angélique et Laurent et un énorme merci à Jérôme.

 

 

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