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4eanniversaire pour le format 40km, 2epour le 60km : 2019, l’édition qui confirme la réputation et le succès grandissant de la course !

Aussitôt proposé, aussitôt adopté, le format 60km du TPSB n’a pas eu besoin de plus d’une édition pour convaincre les participants qui s’étaient élancés à l’aveugle en 2018 et tous les coureurs amateurs de trails authentiques qui attendaient les CR, photos et chronos de leurs compères pour pouvoir cocher avec beaucoup de plaisir, un nouveau rendez-vous sur leur calendrier de compétitions. Dans le milieu devenu très compétitif de l’organisation de course nature, les réputations se font et se défont rapidement, grâce au bouche-à-oreille moderne que sont les réseaux sociaux. Laurent Vinner l’avait annoncé plus sauvage et plus technique que le petit frère déjà en place et il n’a déçu personne : il a donné à voir, à vivre et à courir les plus belles courbes de la Haute Tarentaise, mais surtout, à faire rimer grandiose et simplicité pour offrir à la course de montagne française, un événement vrai, juste, exigeant et généreux à la fois.

1100 inscrits pour l’ensemble des formats ; 60km solo et 40km solo / relais, le Col du Petit Saint Bernard ne s’est pas transformé en fourmilière pour autant puisque le départ du long était donné à 6h aux Chapieux. Chez TPS, ce qui compte, c’est les coureurs et la course. Pas de village de course, de sponsors à gogo, l’essentiel est là : un refuge pour mettre les coureurs au chaud, un bar qui propose bière et chocolat chaud, une bonne tartiflette à l’arrivée. Et en vérité, ce que je trouve génial, c’esr qu’un « stand » existe bel et bien, mais on n’y vend point de manchons de compression ou de flasques, non. C’est une échoppe ambulante de produits locaux : saucissons, fromages et autres délices du terroir aguichent l’œil du finisher affamé. L’Hospice, ancienne bâtisse aux contours mystiques qui se dresse dans la brume, offrait ses quartiers aux coureurs du 40km jusqu’à 8h précisément. La météo s’annonce bonne en ce dimanche 6 octobre, malgré la fraicheur matinale et le vent soutenu (plutôt normal pour un col à 2200m d’altitude), le ciel se découvre rapidement et le soleil se lève sur un horizon dégagé et prometteur. Les coureurs se réjouissent : la région et la saison peuvent offrir des surprises qui pimentent les courtes ou longues heures passées à courir la montagne. Et le ciel bleu se maintiendra jusqu’au milieu de l’après-midi.

Une petite équipe de coureurs s’est réunie sur les différentes épreuves : depuis Grenoble, Paris, ou encore Briançon, parmi les 11 nationalités représentées, tous sont venus découvrir ou re découvrir le TPSB. Moi je suis sur le 40km, avec ma copine Cyrielle, briançonnaise elle aussi, meilleure coureuse mais plus frileuse, on se prépare difficilement à affronter chaud et froid en alternance, voire en même temps puisqu’on démarre par 8km de descente à priori roulante et courir ventre à terre juste après son petit-déjeuner, ça donne tout sauf froid. Domie, qui arrive de Grenoble, est elle aussi sur le 40km. Seb est sur le 60km, avec Sophie, Raya et d’autres kikou venus découvrir de leurs propres yeux et propres poumons, une course aux attribus vantés avec passion par Seb depuis sa première participation. Il terminait 26e, et prévoit de faire mieux, imaginant tout de même que le combat soit rude, car le plateau de cette année est plus relevé. Sur les deux courses, ça part fort, ça court vite !

 Il faut dire que Laurent  a réussit un sacré tour de force : combiner du très roulant avec du très technique. Quand c’est courable, c’est très courable ! Quand c’est technique, selon vos affinités avec le terrain, il est possible de marcher vite ou courir modérément. Personnellement, je pars avec beaucoup d’appréhension : je ne suis pas prête pour le Petit Saint Bernard. Mais j’ai envie de voir les paysages de mes propres yeux. Les barrières horaires sont serrées, mais assumées. Le coin est connu des organisateurs, la météo changeante, le jour se retire tôt, on verrouille le tempo pour qu’un secours soit porté dans les meilleures conditions. Moi, je comprends et respecte ces BH, même si clairement, il me faudrait un miracle pour qu’elles ne m’avalent pas. Ce genre de course se prépare et se mérite, et préparée pour elle, je ne le suis pas, c’est sans surprise que je passe la première avec 5mn de retard, au Col de Chavanne. Pourtant, la section est dynamique : 8km de plat-descente très courable, ensuite 10km de montée plutôt douce, courable pour ceux qui courent en montée, et mon problème, c’est que je n’en fais pas partie. 10km à marcher plutôt que courir, ça ne pardonne pas. Les paysages sont majestueux, au final c’est pas mal quand on avance lentement, on a bien le temps d’en profiter. Je suis émue de les voir de mes propres yeux. Je retrouve Amandine et Aurélien, rencontrés sur l’Echappée Belle, Amandine avec qui j’ai fait les 10 derniers km et suis arrivée après 19h d’effort, ça fait plaisir, c’est un peu la magie du trail. Au col, malgré mon retard, on me laisse continuer et je bascule de l’autre côté, avec une vue absolument spectaculaire sur le Mont Blanc que je vois pour la première fois de ma vie de si près et sans nuage en guise de casquette. Putain que c’est beau !

Ensuite, coup d’œil au chemin… Et là, c’est le drame comme on dit. Un bouchon. Mon premier ! Et exactement au mauvais endroit. J’ai 1h30 avant le prochain pointage, 7km de descente et une petite remontée à faire dans la neige et la boue, autrement dit, plein gaz pour moi. Et là, je regarde impuissante une soixantaine de coureurs à l’arrêt, sur une sente verglacée en dévers, à l’ombre et dans un couloir de vent qui fait chuter la température corporelle violemment. 20 minutes plus tard, je suis accroupie, les mains sous le tee shirt, à regarder avec désespoir les coureurs pétrifiés par la glace me voler à leur insu, tout espoir de relier la prochaine BH dans les temps. Moi je n’ai pas de problème avec ce type de terrain, mais ma vitesse très faible par contre, ne souffre aucun ralentissement qui ne soit pas de mon fait. C’est aussi à moi d’assumer, à chacun ses points faibles, et eux plus rapides que moi sur terrain roulant, peuvent perdre du temps sur les parties techniques. Mais je suis en fin d’embouteillage et c’est mal barré pour moi. Cyrielle, quelques 40 personnes devant moi, y reste coincée 40mn mais repart avec rythme. Je suis contente pour elle, et me console lorsqu’on me met en arrêt de course, j’aurai l’occasion d’encourager les copains toujours en course. A l’arrivée, Seb qui se fait talonner par le célèbre Vincent Delebarre se fait accueillir par Ugo Ferrari, le speaker, qui annonce sa 21eplace. Vincent vient lui serrer la main et le félicite pour sa course, c’est sympa de sa part ! Il finira 24e

C’est Mikael Pasero qui remporte le 60km chez les hommes, Mélanie Rousset chez les dames. Entre temps j’apprends que Cyrielle est contrainte d’arrêter sa course au 32km pour des soucis de genou, tandis que Domie est arrivée 12efemme et première de sa catégorie. Sophie et Raya sont toujours en course et bien partis pour terminer dans les temps, malgré la pluie qui s’invite. Les coureurs reviennent tous enchantés des panoramas traversés, chacun n’a pu résister à la tentation de s’arrêter prendre quelques photos, pour montrer aux copains les paysages incroyables qui faudra revenir visiter l’an prochain. Décidément, cette course est magique ! Et pour l’anecdote, à 24h près, on prenait le départ d’un trail blanc comme en témoigne la photo de l’arche en démontage prise par TPS, le lendemain de la course !

Le récit en détails de Sébastien à lire ICI 

Texte : Elena

Crédits Photo : Elena – Cyrielle